samedi 30 décembre 2023

Un bref instant de splendeur d’Ocean Vuong – avis de lecture

 

Résumé :

« « Depuis tout ce temps je me disais que nous étions nés de la guerre, mais je me trompais, Maman. Nous sommes nés de la beauté. » Un fils écrit à sa mère une lettre qu'elle ne lira jamais. Née d'un soldat américain et d'une paysanne vietnamienne, elle est analphabète, parle à peine anglais et travaille dans un salon de manucure aux États-Unis. Elle est le produit d'une guerre oubliée. Refusant le silence, son fils retrace leur histoire familiale avec une urgence et une grâce stupéfiantes : sa grand-mère traumatisée par les bombes, les poings durs de sa mère contre son corps d'enfant, son premier amour marqué d'un sceau funeste. Mais aussi la tendresse et les rires, la découverte du désir, de son homosexualité et, plus que tout, du pouvoir rédempteur des mots. »

A noter : j’ai lu le roman en anglais

Un bref instant de splendeur est une tentative de roman d'Ocean Vuong. Le personnage principal est Little Dog, qui écrit une lettre à sa mère analphabète - sur les difficultés qu'il a eues à grandir avec sa mère et sa grand-mère, sur les abus qu'il a subis, tant dans sa famille que dans la société en général, sur le fait qu'il est un immigrant de deuxième génération d'origine vietnamienne et, oui, sur le manque d'acceptation de son identité homosexuelle par sa famille.

La prémisse est intéressante et c'est la raison pour laquelle je voulais aimer ce livre et j'ai essayé de le faire. Si j'ai bien compris, ce livre est également autobiographique ou, ce qui est de plus en plus fréquent, une sorte d'autofiction, c'est-à-dire qu'il s'agit de fictionner sa propre histoire. L'auteur avait certainement un style - et un style d'écriture poétique. J'apprécie la poésie, mais je préfère l'apprécier en lisant un poème, pas en lisant une prose qui a inséré de force des aspects de la poésie.

Ce que je trouve de plus en plus avec de nombre.ux.euses auteur.e.s, c'est qu'ils.elles essaient de cocher quelques cases - étant donné que ce personnage a des problèmes avec sa mère, il y a l'angle du racisme, les luttes d'une personne issue de l'immigration, les luttes avec sa compréhension de la masculinité, le fait qu'il soit gay dans une famille qui ne l'accepte pas, etc. et il a essayé d'insérer tout cela dans son livre. Bien que je sois sensible à toutes ces causes - et c'est précisément la raison pour laquelle j'ai essayé d'aimer ce livre - la narration est tombée à plat.

Si j'avais lu la section des remerciements un peu plus tôt, j'aurais peut-être évité ce livre, étant donné que la personne qu'il remercie en particulier est Ben Lerner - l'auteur de 10:04 ; un livre que j'ai lu l'année dernière et que je n'ai pas du tout apprécié - qui était un autre cas d'une vague tentative d'autofiction. Si c'était le public visé, il aurait été évident pour moi, dès le début, que je n'étais pas la personne qu'il fallait pour ce livre.

Pour conclure, je n'ai rien trouvé dans ce livre, je l'ai lu pour la discussion de mon club de lecture local et comme dans beaucoup de ce genre de livres, la discussion était plus intéressante que le livre lui-même. Définitivement le pire livre que j'ai lu en 2023. Sur ce, je donnerais à ce livre une note de deux sur dix.

La note – 2/10

Bonne journée
Andy

Haroun et la mer des histoires de Salman Rushdie – avis de lecture


 

Résumé :

« Ainsi débute cette fable : un jeune garçon nommé Haroun, désolé de constater que son père, conteur de son état, a perdu son inspiration, entreprend un long voyage à travers une contrée merveilleuse. Son ambition est de retrouver la source vive où naissent les histoires. En chemin, il rencontre des créatures fabuleuses et inquiétantes - dont certaines, ennemies de l'imagination, entendent étouffer à jamais le pouvoir des créateurs. Dans cette œuvre vibrante de fantaisie, d'inventivité et d'humour, Rushdie mêle avec art la rigueur du nonsense anglais à la richesse flamboyante du conte oriental. L'auteur l'a écrite pour son fils peu après la fatwa qui réclamait son exécution : c'est aussi un plaidoyer pour la liberté d'imaginer. »

A noter : j’ai lu le roman en anglais. Ainsi, j’utilise des orthographes anglais - par exemple, j’utilise « Rashid » au lieu de « Rachid ».

To read in English, please click here

Haroun et la mer des histoires est un roman de Salman Rushdie principalement ciblé aux ces jeunes lect.eur.ice.s. Le roman est dédié au fils ainé de l’auteur Zafar, qui a le deuxième prénom « Haroun ». J’ai lu ce roman immédiatement après avoir lu Les enfants de minuit du même auteur et alors, j’ai voulu faire une lecture plus légère que ça en choisissant ce roman.

L’histoire commence dans la ville plus heureuse du monde où on a la famille plus heureuse du monde. C’est la famille du conteur Rashid Khalifa, sa femme chanteuse et leur fils Haroun. Mais un jour, sa femme lui a quitté et Rashid perd sa capacité de raconter des contes, et forcé à quitter la ville pour se rendre dans la Vallée de K afin de soutenir les campagnes d'un politicien cynique nommé Buttoo. Haroun, déterminé à rendre à son père ses capacités, rencontre par hasard un génie de l'eau du monde des contes, lui vole sa clé magique et le convainc de l'emmener dans le monde des contes, appelé Kahani, pour qu'il puisse rendre à son père ses capacités.

Pour commencer, j'ai eu l'impression d'avoir obtenu ce que je voulais - un roman de lecture légère, écrit par Rushdie, et je pense qu'il n'aurait pas pu y avoir de meilleur choix que celui-ci. Il était court, simple, mais en même temps, il n'était pas dépourvu de son imagination et de ses images exquises. J'ai vraiment aimé son imagination et la façon dont il a décrit le monde des histoires - Kahani - et les caractéristiques des protecteurs des histoires et de leurs opposants. Il s'agissait d'une histoire ordinaire de sauvetage de princesse (souvent racontée à l'heure du coucher), mais ce qui la rendait spéciale, c'était l'élément de réalisme magique et ce qui se passait dans ce nouveau monde (la lune invisible de la terre, d'après l'histoire) - Kahani. J'ai aimé la façon dont Rushdie a présenté la structure organisationnelle de l'armée dans Kahani - divisée en chapitres servis par des pages (soldats) et la façon dont, malgré l'inclusion d'une intrigue secondaire romantique entre Haroun et le page Blabbermouth, cela n'a pas affecté le flux de l'histoire de quelque façon que ce soit et il n'y a eu absolument aucune digression. J'ai également aimé les noms que Rushdie avait choisis pour les personnages du livre, mais comme je parle l'hindoustani (hindi/ourdou), il n'y avait pas d'élément de surprise et la dernière page du roman n'était pas nécessaire, mais pour quelqu'un qui ne parle pas l'hindoustani, cela aurait certainement été un bon élément dans le roman.  Bien sûr, comme toute autre histoire à dormir debout destinée aux jeunes lecteurs, elle se termine bien.

Les deux seuls problèmes que j'ai rencontrés avec ce livre sont les suivants : certaines images inutiles, en particulier à l'intérieur du bateau dans la Vallée de K, et le fait que Rushdie n'ait pas laissé suffisamment de place à l'interprétation du.de la lecteur.rice, non plus. J'ai également trouvé que l'éditeur donnait trop de détails dans son article et qu'il prétendait que ce roman n'avait pas d'âge, ce que je conteste, car je n'ai certainement pas pu apprécier ce livre autant que Les enfants de minuit et je pense également que j'aurais apprécié ce livre beaucoup plus si j'avais eu dix ans de moins.

Je pense qu'il s'agit d'un très bon livre pour quiconque commence à s'intéresser aux livres et à la lecture, compte tenu de la qualité de l'écriture à laquelle on est exposé à un jeune âge ; et je pense que si j'étais tombé sur ce livre plus tôt, je l'aurais lu bien plus tôt que je ne l'ai fait, c'est-à-dire à l'âge de treize ans. Si un jeune lecteur me demandait de lui suggérer un livre à lire, ce livre figurerait certainement en tête de la liste que je lui proposerais.

La note – 7/10

Bonne journée
Andy

vendredi 29 décembre 2023

La vie et les agissements d’Ilie Cazane de Răzvan Rădulescu– avis de lecture

 


Résumé :

« Ilie Cazane mènerait une existence plutôt paisible s’il n’avait le don extraordinaire de faire poser des tomates géantes. Sous le régime du Conducator Ceaușescu, un tel prodige passe pour un crime inconcevable.

Le colonel Chiriță, esprit rationnel qui ne jure que par un matérialisme forcené, a vite fait de le mettre aux arrêts. Mais Cazane reste muet, et ses surnaturels talents de jardinier demeurent inexpliqués…

Pendant ce temps-là, sa femme Georgette accouche d’un garçon : Ilie Cazane fils qui, avec sa grosse tête de courge, montre vite des penchants désopilants pour le bricolage et, en digne fils de son père, s’attire la sympathie générale.

Entre la nature désinvolte et mystérieuse d’Ilie Cazane père, l’enfance drolatique d’Ilie Cazane fils et les questionnements métaphysiques du colonel Chiriță, se déploie le spectacle d’une communauté à l’innocence joyeuse, en proie à un système paranoïaque et absurde. »

La vie et les agissements d’Ilie Cazane est un roman qui vient de la Roumanie, écrit par l’auteur et scénariste roumain, Răzvan Rădulescu. L’intrigue se déroule autour de quatre personnages principaux, Ilie Cazane – père et fils, Georgette (ex-femme d’Ilie Cazane père et mère d’Ilie Cazane fils) et Colonel Chiriță qui travaille avec l’autorités roumaines pendant la période du communisme en Roumanie.

Ilie Cazane fils est né à Bucarest (par hasard) à Ilie Cazane et Georgette et mais, le couple s’est séparé immédiatement après la naissance de ses fils. Puis, l’histoire se déroule autour l’absurdité du régime roumain pendant le communisme, quand Colonel Chiriță fait un entretien avec Ilie Cazane et il y a une réponse donnée par lui mais une réponse officielle enregistrée par l’état. Le plus intéressant j’ai trouvé était la conversation entre le colonel et Georgette.

Le thème de ce roman était l’absurdité – autour de tous des personnages – soit Chiriță, un athée qui traite le communisme comme une religion et également, Georgette – qui a laissé son fils avec ses grand parents et se débrouille toute seule. Même Ilie Cazane fils avait des comportements bizarre – je crois que l’auteur a voulu montré le négligence de ses parents étant donné qu’il était un fumeur à l’âge de 5. Vue que le personnage de Chiriță et Georgette sont complètement opposé.e.s l’un.e à l’autre, la conversation entre eux, sur l’état, religion, le sujet de mariage, était intéressant. En fait, c’était la seule chose que j’ai aimé dans ce roman.

J’ai trouvé que l’intrigue avait beaucoup de potentiel ; le régime communiste, avec un Colonel qui est complètement convaincu par les idées de l’état, et la famille Cazane. J’ai constaté également que le personnage plus exploré par l’auteur est Colonel Chiriță et pas le personnage du titre – Ilie Cazane (ni le père, ni le fils). L’auteur a essayé de toucher un peu tous les sujets – une famille dysfonctionnelle dans un état autoritaire, la relation entre l’état autoritaire et ces citoyen.ne.s, et même décrire la vie d’un enfant en train de grandir. Il y a avait plein de petits détails qui pourraient être intéressants si l’auteur les a exploré davantage, comme le fait que Georgette vient de Moldavie – et même si la Roumanie et la Moldavie parlent la même langue avec une culture très proche, à cet époque, Moldavie a fait part de l’Union soviétique et alors, le problèmes qu’elle a eu avec l’autorités roumaines à cause de cette raison pourrait être une idée intéressant vu que même déménager entre les état communistes pendant cet époque était compliqué.

Pour conclure, je vais dire que je n’ai pas eu une expérience agréable, et je vais même dire que je n’ai pas tout compris de ce roman et le but de l’auteur en écrivant ce roman. Comme évoqué déjà, il a touché un peut tout mais allé nulle part au profondeur. Alors, je ne peut donner qu’une note de trois sur dix pour le roman.

La note – 3/10

Bonne journée,
Andy

mercredi 27 décembre 2023

Papillon d’Henri Charrière – avis de lecture

 


Résumé :

« 1933. Le marteau tombe. Perpétuité. Henri Charrière dit « Papillon », petit caïd montmartrois injustement accusé de meurtre, prend, via Cayenne, «le chemin de la pourriture ». Epinglé, Papillon. Mais pas résigné. Au bagne, c’est l’enfer. La réclusion, les privations, les requins, les matons… Il faut s’évader, à tout prix. En radeau, à la nage, qu’importe, Treize ans d’enfer, deux cavales plus tard et Papillon s’envole pour la liberté. »

Papillon est un livre autobiographique d’Henri Charrière – qui a été accusé de meurtre et a été envoyé à Guyane française, qui était une colonie pénale à cet époque. Ce livre raconte l’aventure incroyable d’Henri Charrière – qui a pris le pseudonyme de « papillon », ses essais d’échapper de la prison, et puis, reconstruire sa vie.

L’histoire commence par sa conviction en France pendant l’entre-deux-guerres. Papillon a été d’abord à Caen en Normandie avant d’être envoyé vers Cayenne en Guyane française. Il raconte ses conditions dures, et également les amitiés qu’il a fait pendant cette période qui ont eu pour but d’échapper de cet enfer à Cayenne, et ses démarches pour retrouver le justice avec l’état français. En fait, pendant cette histoire, il a réussi de s’échapper une fois et même recréé sa vie avec des indigènes dans une île aux Antilles, mais il rentre dans le système de prison pour venger l’état et retrouver son justice.

C’était un histoire incroyable et avait l’air comme un roman thriller. Et je vais insister sur le mot « roman » parce qu’on n’est pas sûr si c’est complètement vrai ou il y a une partie exagérée et également construite. J’ai trouvé que c’était quand même intéressant à savoir l’environnement dans le système prisonnier en France pendant cette année et même l’utilisation de Guyane française comme une colonie pénale. L’aspect politique était intéressant aussi comme le fait que l’administration guyanaise était avec le régime de Vichy, et l’impact la deuxième guerre mondiale avait dans le prison à Cayenne. Le personnage plus exploré évidemment était celui de Papillon, qui est un peu trop glorifié, et quelqu’un qui avait une solution pour tous les problèmes. Les conversations qu’il avait avec les prêtres dans l’église était intéressant, tant que Papillon était un athée lui-même.

Le seul problème j’ai trouvé également était le personnage du Papillon – même si il a été condamné injustement par l’état, les actions qu’il a fait après n’était pas honorables du tout, comme trahir ses amis ou abandonner ses femmes après avoir elles imprégner. Alors, c’était difficile à croire pour moi comme lecteur que Papillon était complètement innocent étant donné qu’il est bien capable à faire des actes brutaux.

Pour conclure, soit on croit sur cette histoire comme une autobiographie ou un roman, j’ai trouvé que c’était intéressant à lire et également donné une bonne vision historique sur la situation dans les colonies pénales. Je donne le livre une note de sept sur dix.

La note – 7/10

Bonne journée
Andy


dimanche 10 décembre 2023

The Dissident Club de Taha Siddiqui et Hubert Maury – avis de lecture

 


Résumé :

« En 2018, le journalise d’investigation pakistanais Taha Siddiqui est victime d’un enlèvement et d’une tentative d’assassinat. Il parvient à fuir et prend le premier avion pour la France… Que s’est-il passé ? Qu’est-ce qui a pu pousser le gouvernement pakistanais, s’il s’agit bien de lui, à en arriver là ?

Accompagné du dessinateur et scénariste Hubert Maury, le lauréat du prix Albert-Londres 2014, Taha Siddiqui revient sur sa vie, depuis sa tendre enfance, 35 ans plus tôt, qui, de l’Arabie Saoudite au Pakistan, le verra évoluer dans une culture où la bande dessinée est interdite, pratiquant un islam fondamentaliste, élevé par un père radicalisé.

Taha rêve d’études d’art, de journalisme, d’indépendance au beau milieu d’une famille rigoriste et d’une société faite d’interdits que la jeunesse s’efforce de contourner tant bien que mal. Après le choc des attentats du 11 septembre 2001, et son admission à l’université, entre l’école coranique et la censure, Taha cherche à s’émanciper et, avec courage et détermination, il entre en dissidence et devient journaliste d’investigation. Mais, en étant journaliste, il constitue également une cible.

Chronique d’enfance puis d’adolescence, Dissident Club retrace avec un humour libérateur le quotidien d’un jeune homme aux prises avec les fondamentalismes religieux les plus sévères. Aussi réjouissant qu’édifiant, ce livre propose une vision sans fard du Pakistan de ces trente dernières années, une réflexion sur les dérives de la pensée religieuse, et avant tout le combat d’un homme pour la liberté. »

The Dissident Club est une bande dessinée qui est l’autobiographie de journaliste pakistanais Taha Siddiqui, lauréat du prix Albert Londres de journalisme en 2014. Les dessins sont faits par le dessinateur Hubert Maury, et il y a beaucoup de différents endroits du monde à dessiner dans cette histoire de Taha Siddiqui, y compris l’Arabe Saoudite, le Pakistan et la France.

Taha Siddiqui est exilé aujourd’hui en France, et la BD commence avec son enlèvement par les gangs engagés par l’armée pakistanaise. C'est à partir de ce moment qu'il remonte le temps pour expliquer ce qui l'a conduit à cette situation, ses débuts en Arabie Saoudite tant qu’enfant et puis sa carrière journaliste à Pakistan. Il est né a Djeddah en Arabe Saoudite d'une famille d'immigré.e.s pakistanai.e.s. Il explique ses défis de grandir dans une société trop conservatrice comme l’Arabe Saoudite et également sa famille, avec son père qui pratique un islam tellement fondamentaliste – par exemple, son père n’a accepté jamais a fêté l’anniversaire de ses enfants car selon lui, c’était contre l’islam. C'est l'histoire de Taha qui grandit, et à travers ses yeux, nous voyons l'évolution de la politique pakistanaise, de la pendaison de l'ancien premier ministre Zulfikar Ali Bhutto aux essais nucléaires réussis à la fin des années 90, avant de retomber dans la dictature militaire sous Pervez Musharaff.  

Pour ce qui ne sont pas très au courant de la situation en Asie du sud, mais quand même intéressé.e à savoir, cette bande dessinée sera une bonne façon de commencer, car avec l’histoire de Taha, vous aurez également un compte rendu de la politique pakistanaise, ses relations avec ses pays voisins, etc. Dans le monde francophone, on a une tendance de mettre tous les pays comme Pakistan, Arabe Saoudite, Bangladesh, etc. comme des « pays musulmans » avec une identité homogène mais la situation là-bas est complètement différent – comme Taha qui s’est senti plus libre à Pakistan qu’en Arabe Saoudite ; car la société pakistanaise est beaucoup moins conservatrice que le royaume arabe.

Cela dit, j’ai profité un peu plus car je suis quelqu’un qui a grandit au pays voisin et également très intéressé par la politique depuis ma jeunesse. Tout d’abord, pour comprendre la situation personnelle de l’auteur, il faut savoir que l’armée pakistanaise a beaucoup de pouvoir à Pakistan et pour mettre en cause l’armée tant qu’un.e journaliste ou même un individu, c’est un grand risque et c’était pris par quelques journalistes comme Taha. Une autre chose par lequel j’ai été un peu choqué par l'omniprésence des organisations terroristes radicales dans la société pakistanaise comme Lashkar-e-Taiba (considéré comme groupe terroriste par le gouvernement pakistanais, indien, de l’union européen, américain, etc.) même dans les famille assez privilégiée comme celle de l’auteur.

Même si c’est différents noms comme des politiques pakistanais.es et ses organisations sont évident.e.s pour moi étant donné que je suis de la région, je ne suis pas sûr si c’est un peu trop d’information pour les francophones qui n’ont pas un lien avec l’Asie du sud (si vous avez lu, laissez un commentaire avec votre avis).

J’ai aussi aimé la partie où sa relation avec sa famille est décrite, avec ses parents (particulièrement son père) et également ses deux frères et sa mère. En fait, ça m’a rappelé les similitudes avec une autre bande dessinée française – l’Arabe du futur – où l’auteur a grandi dans un pays arabe avec deux frères et un père extrémiste et radical (dans l’Arabe du futur – le père d’auteur a adoré les dictateurs comme Saddam Hussein et ici, le père d’auteur a adoré le dictateur pakistanais d’années 80s, Zia Ul-Haq).

La dernière partie de mon avis de lecture, je vais parler sur les dessins d’Hubert Maury, j’ai aimé bien les couleurs utilisé, bien pour distinguer les pays – différents couleurs en arrière-plan pour Pakistan, Arabe Saoudite et France. J’ai également adoré les dessins des villes comme Karachi et Islamabad. La seule chose que j’ai trouvé et le fait que les jeunes femmes dessinées par l’auteur (il y a au moins trois personnes importantes) sont trop identiques et il m'était difficile de les distinguer.

Alors, pour conclure, je vais fortement recommander cette bande dessinée qui nous donne une histoire intéressante de vie de  l’auteur et également, on peut jeter un œil sur la politique de la région de l’Asie du sud. Je donnerai la BD une note de huit sur dix.

La note – 8/10

Bonne journée
Andy

samedi 2 décembre 2023

Ici, les lions de Katerina Poladjan – avis de lecture

 


Résumé :

« Restauratrice de livres anciens, Helen débarque de Berlin à Erevan pour travailler sur une « bible de guérison » transmise à travers les générations. À la fois chargée et ignorante de ses origines arméniennes, Helen résiste d’abord à l’injonction de sa mère, Sara, artiste fantasque, de retrouver les traces d’éventuels parents épargnés par le génocide. Elle se laisse plutôt activement absorber par ce pays taiseux, en guerre et pourtant festif, qui prend les traits de Levon, musicien la nuit, père divorcé et soldat le jour, avec qui elle découvre une intimité immédiate et fragile.

Fascinée par la petite bible et les indices qu’elle y trouve, Helen tente de reconstituer – par la déduction, la rêverie – le trajet de deux derniers enfants, à qui elle a appartenu. Et, comme aimantée par l’Histoire et le paysage, finit par se jeter dans sa propre (en)quête des origines. Histoire d’amour trouvé et de familles perdues, bulle de disponibilité aux rencontres du présent comme aux traces du passé, Ici, les lions, roman-sortilège de l’Arménie d’hier et d’aujourd’hui, brille de l’intensité des moments suspendus. »

Ici, les lions est un roman écrit en allemand par l’auteure et actrice allemande Katerina Poladjan. Le roman suit Helen Mazavian, qui se déplace à Erevan de Berlin, plutôt pour étudier un « bible de guérison » qui est un livre transmise à travers les générations, selon la tradition arménienne. Elle est intéressée par deux raisons principales – elle travaille comme un restauratrice de livres anciens et également le fait qu’elle à d’origine arménienne elle-même. Intéressée par le bible qu’elle a trouvé, elle essaie à chercher des autres « Mazavians » qui ont survécu le génocide arménien qui se passé au début du 20ème siècle. Pendant ce voyage, elle a plusieurs rencontres intéressants, avec des familles arméniennes, et particulièrement avec Levon, qui a une histoire compliquée – tant qu’il travaille comme un soldat.

J’avais beaucoup d’attentes de ce roman, c’est le premier roman j’ai lu qui se passe entièrement en Arménie et la quatrième de la couverture écrit par l’éditeur est très intéressant. Mais cela dit, je pense que ça m’ait donné un bon compte rendu de cet histoire que je n’ai pas vraiment eu besoin de lire le roman après avoir lu le texte de l’éditeur.

Cependant, j’ai apprécié quelques moments dans le livre, comme la description du paysage arménien et le sentiment sur l’histoire douloureuse du pays, partagés par chacun.e.s qu’elle a vu. L’évolution d’Helen était intéressant également, où d’abord, elle se sentie comme rentrée au son pays mais pour les gens – elle a été plutôt quelqu’un qui est venue de l’Europe et n’a pas eu beaucoup de connaissances sur le pays, ni la langue, ni les traditions. J’ai apprécié beaucoup de petits détails qui se passent autour d’un dîner, où il y a un moment un homme explique à Helen comment l’Arménie est le pays du dieu et un autre intervient en disant que les géorgien.ne.s disent la même chose avec la même histoire.

Mais tant qu’un lecteur, j’ai absorbé bien tous les détails que l’auteure a introduit d’abord mais après un moment, j’ai trouvé que l’intrigue a perdu la direction et même les objectifs d’Helen n’était plus clairs. Pour n’importe quel roman, je trouve que la fin est importante, pas forcement heureuse mais une fin claire, et ici, c’est ni heureuse, ni claire.

Il faut aussi préciser que j’ai lu livre en 2023, après la chute de la régime arménienne au Haut-Karabagh et la reprise du territoire par l’Azerbaïdjan. Le roman fut publié en 2019 après lequel, il y avait deux guerres entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie et alors, j’imagine une situation comment le roman aurait être différent si Helen a visité le pays aujourd’hui. Peut-être un roman sur ce sujet sera intéressant.

Alors, pour conclure, je vais dire que l’auteure avait une idée intéressante et s’il y avait une direction claire pendant le déroulement de l’intrigue, on aurait un bon roman. Etant donné que ce n’est pas le cas, j’ai un avis mitigé, et je donnerai au livre une note de quatre sur dix.

La note – 4/10

Bonne journée
Andy

mercredi 13 septembre 2023

Le bûcher de Perumal Murugan – avis de lecture

 


Résumé :

« Après la mort de son père, Kumaresan quitte son village natal et se rend à la ville pour y trouver du travail. A l’usine, il met le soda en bouteille avant d’aller le livrer à vélo aux échoppes qui en font commerce. C’est là qu’il fait la rencontre de Saroja, et tout à coup, c’est l’amour fou. Mais c’est aussi un amour interdit : la jeune fille n’est pas issue de la même caste que lui. Avec la fougue de la jeunesse, ils se marient clandestinement dans un temple peu regardant sur l’origine des époux, avant de regagner ensemble le village de Kumaresan. Persuadé qu’il finira par accepter sa femme par les siens, le jeune homme ne se rend pas compte que, dans ce petit village isolé du Tamil Nadu où les traditions pèsent comme une chape de plomb, le piège se referme sur eux, jour après jour. »

A noter : C’est un roman tamoul et j’ai également lu l’original en tamoul

Le bûcher est un roman de Perumal Murugan, un auteur connu pour ses romans qui se déroulent autour des villages de Pays des tamouls, dans le sud est de l’Inde. Il parle souvent sur la différence entre le style de vie dans les villes et les campagnes et également, les problèmes sociales, particulièrement, la discrimination au niveau du caste.

Au bûcher, on a un jeune couple, Kumaresan qui vient d’un village et qui travaille à la ville dans une usine qui font les sodas. Quand il fait la livraison des sodas, il a vu Saroja et tombé amoureux d’elle. Après quelque mois, il et elle s’enfuient et se marient dans un temple en route du village de Kumaresan. Dès qu’il et elle arrivent au village, et s’installent chez la mère de Kumaresan, il et elle ont des problèmes ; une raison – Saroja vient de la ville et elle n’est pas habituée par la vie en campagne, et deuxième raison, qui est plus dur, est le fait que Kumaresan et Saroja ne sont pas de même caste et alors, il n’y a personne dans le village qui acceptent Saroja comme leur belle-fille. C’est le thème de l’intrigue – est-ce que Saroja va s’habituer et elle va être acceptée par la famille de Kumaresan ?

Les éléments de la campagne tamoule sont bien utilisés par l'auteur. Pour ceux qui sont allé.e.s à la campagne à l’Asie du sud, c’est facile à visualiser d’après la description donné par l’auteur. Les conflits entre Saroja et la famille de Kumaresan sont bien décrits et également, l’amitié et l’amour entre Kumaresan et Saroja, étant donné que Kumaresan est la seule source de soutien pour elle. Même si l’auteur n’a jamais précisé l’année ou l’époque, c’était contemporain, dans les derniers années du 20ème siècle et en fait, la seule façon pour un.e lect.eur.ice pour comprendre l’époque est par connaître les références

Mais le niveau de précisions sont également un problème pour quelques lect.uers.rices. parce que il y a plein de mots pour lesquels le traducteur n’a pas donné la légende – par exemple le mot « thali », qui est évident pour quelqu’un comme moi qui est familier avec la culture tamoule – c’est un bijou de mariage mais pour les autres, ça sera difficile. L’auteur a aussi introduit beaucoup de détails au milieu, comme la relation entre Saroja et son frère, mais ce n’est jamais pertinent, et je n’ai pas compris pourquoi il a parlé de ça si il ne vas pas utiliser cet aspect plus tard.

Et également pour les gens qui n’aiment pas lire beaucoup sur les souffrances et la mélancolie et à chaque pas, Kumaresan et Saroja, auront des nouveaux problèmes durant cette intrigue.

Pour conclure, je vais dire que c’est un roman bien écrit et on peut être bien immergés dans un village tamoul en lisant ce livre. Alors, je donnerai une note de huit sur dix.

La note – 8/10

Bonne journée
Andy

jeudi 7 septembre 2023

King Kong Théorie de Virginie Despentes – avis de lecture

 


Résumé :

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, ma place contre aucune autre, parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus intéressante à mener que n’importe quelle autre affaire. »

King Kong Théorie est une collection d’essais écrit par l’écrivaine Virginie Despentes, qui est également une réalisatrice et une militante féministe. Dans cet essai, elle parle de son expérience personnelle, quand elle a subi un viol quand elle avait 17 ans, et aussi la compréhension de la société actuelle sur les sujets autour des femmes, comme le viol, la position des femmes dans les ménages, entreprises et un couple, et comment la politique actuelle aide le patriarcat, qui est au détriment des femmes et même de plusieurs hommes moyens.

Elle a bien écrit ses arguments dans un format très facile à lire, avec la langue courante. Les exemples qu’elle a donne sont également sont très compréhensibles pour le.la lect.eur.ice, quelle que soit son identité sexuelle. J’ai beaucoup aimé ses essais « Coucher avec l’ennemi » et « Porno Sorcières », ou dans le premier, elle raconte son propre expérience quand elle a été une travailleuse de sexe à Lyon et Paris et comment elle a découvert que tant que la transaction était consensuelle, elle était responsabilisante et libératrice – parce qu’ici, c’est la femme qui se prend en charge et alors, la société actuelle ne l’aime pas.

Ses essais sont plutôt l’avis propre de l’auteure sur les sujets divers autour de droits de femmes. Alors, ce n’est pas un travail académique, ni un travail de non-fiction, et il n’y a pas beaucoup de citations qui peuvent soutenir plusieurs affirmations qu’elle avait faites. Peut-être, ça aurait être mieux si il y en aurait ces types de précisions.  

D’après mon expérience, je recommande ce livre fortement et je donnerai le livre une note de huit sur dix.

La note – 8 / 10

Bonne journée
Andy

jeudi 31 août 2023

Mon grand-père avait un éléphant de Vaikom Muhammad Basheer – avis de lecture

 


Résumé :

« Du monde, Kounnioupattoumma ne sait rien, sinon que son grand-père avait un éléphant ! Fille de notables musulmans, elle est en âge d’être mariée. Pour sa mère, les prétendants ne sont jamais assez beaux, riches, puissants… surtout quand on songe à la splendeur passée de la famille. Hélas, la voici ruinée !La jeune fille peut enfin prétendre à des jours meilleurs… »

Mon grand-père avait un éléphant est un des romans plus connus écrit par Vaikom Muhammad Basheer, quelqu’un très important pour la littérature malayalam et également un militant indépendantiste contre le colonialisme britannique.

L’intrigue se déroule dans un village de Kerala, autour d’une jeune fille musulmane qui s’appelle Kounnioupattoumma. Même si sa famille est riche, ses parents sont également très conservat.eur.ice.s et ils.elles sont tous analphabètes. Sa mère est déjà inquiète car Kounnioupattoumma n’est pas encore s’est mariée et elle est déjà dans ses vingtaines d’années. Elle ne connaît rien, ni la connaissance, ni les gens même si elle est très curieuse et elle utilise les principes d’Islam de faire preuve de compassion envers les animaux, au point de devenir végétarienne, à la grande colère de sa mère. Elle adore les animaux, car elle ne connait qu’une chose, son grand-père avait un éléphant et c’était un source de grande fierté pour sa mère. Ses vies vont changer car ils ont des problèmes personnels au niveau judiciaire et également, quand ils auront des nou.veaux.velles voisin.e.s musulman.e.s eux aussi, mais progressistes et éduqué.e.s, un grand contraste par rapport à la famille de Kounnioupattoumma.

Le développement du personnage de Kounnioupattoumna est bien fait, comment petit à petit, elle commence à défier sa mère dominatrice. Le paysage de la région de Kerala, est bien décrit, le village ou le district où ils.elles habitent n’est jamais précisé par l’auteur mais on comprend que c’est à Kerala grâce à la description de paysages, noms des personnages et également les plats qu’ils.elles cuisinent. L’auteur a également évoqué le sentiment de fausse fierté qui maintient la famille et également la société dans l’ignorance. Avec la richesse familiales, peut-être la famille de Kounnioupattoumma aurait eu beaucoup d’opportunités meilleures qu’ils.elles. avaient malgré leur richesse. La relation entre Kounnioupattoumma et Aïcha, la première amie qu’elle a fait dans sa vie, est bien décrite.

J’aurai aimé plus si l’auteur a élaboré plus sur le conflit juridique qui a changé le destin de la famille de Kounnioupattoumma, et également un peu plus sur l’histoire de la famille – on sait que le grand-père de Kounnioupattoumma avait un éléphant mais sinon, on a exactement le même niveau de détail comme elle. Parfois, je me suis senti que le livre n’est pas bien traduit partout, parce que, quand Kounnioupattoumma a commencé à apprendre à lire, elle a appris que la première lettre de l'alphabet est « ba » comme en arabe même si en malayalam, ça doit être soit « a » pour les voyelles, soit « ka » pour les consonants.

Pour conclure, c’est un livre bien écrit et ça va plaire les gens qui sont intéressé.e.s par les romans qui se déroulent ailleurs. Je donnerai le roman une note de sept sur dix.

La note – 7/10

Bonne journée
Andy

lundi 28 août 2023

La femme aux cheveux roux d’Orhan Pamuk – avis de lecture

 


Résumé

« Alors qu'il passe quelques semaines auprès d'un maître puisatier pour gagner un peu d'argent avant d'entrer à l'université, le jeune Cem rencontre une troupe de comédiens ambulants et, parmi eux, une femme à la belle chevelure rousse. Il s'en éprend immédiatement, et, malgré leur différence d'âge, se noue entre eux l'esquisse d'une histoire d'amour. Mais les promesses de cet été sont soudainement balayées lorsque survient un accident sur le chantier du puits. Cem rentre à Istanbul le coeur gros de souvenirs, et n'aura de cesse de tenter d'oublier ce qui s'est passé.

C'est sans compter sur la force du destin qui finit toujours par s'imposer aux hommes, et leur rappeler ce qu'ils ont voulu enfouir au plus profond d'eux mêmes.

Dans ce roman de formation aux allures de fable sociale, Orhan Pamuk tisse à merveille un récit personnel avec l'histoire d'un pays en pleine évolution, et fait magistralement résonner la force des mythes anciens dans la Turquie contemporaine. Avec tendresse et érudition, La femme aux cheveux roux nous interroge sur les choix de l'existence et la place véritable de la liberté. »

La femme aux cheveux roux est un roman de l’auteur turc, lauréat du prix Nobel, Orhan Pamuk. Il est connu pour ses œuvres littéraires et les intrigues qui montrent la culture turque au tout le monde. Ceci n’est pas son roman typique, ça veut dire, il n’y a que 330 pages, dans mon édition de poche de Gallimard et c’était également facile à lire.

Le personnage principal du roman est Cem, un jeune garçon d’une banlieue d’Istanbul. Sa famille dépend sur ses revenus parce que son père est décédé et il travaille comme un apprenti d’un puisatier – Maître Mahmud, avant d’entrer à l’université. C’est là qu’il a vu la femme aux cheveux roux, et il est immédiatement impressionné par elle et est tombé amoureuse malgré le fait que la femme à l’âge de sa mère. Après beaucoup d’années, aujourd’hui, Cem est un homme d’affaire très prospère à Istanbul mais son passé revient le hanter dans le présent.

Orhan Pamuk utilise beaucoup d’allusions ici et j’ai aimé les deux allusions qu’il a fait – un sur la mythologie grecque, l’histoire d’Œdipe qui a tué son père, et un autre, également intéressant, un conte perse, l’histoire de Rôstam et Sohrab, ici, le père que a tué son fils. La relation entre Cem et son maître, Mahmud, a été bien décrit, même si Mahmud est quelqu'un de très strict, mais aussi de très attentionné envers Cem. Comme toujours, Pamuk a bien décrit son pays et on peut découvrir un peu la vie des gens dans les quartiers pauvres. Pour un tiers du roman, il a bien gardé un mystère autour du personnage de la femme aux cheveux roux, que comme un.e lect.eur.ice, on a hâte de lire le premier dialogue de ce personnage. Et à la fin, c’était facile à lire aussi qui a gardé mon intérêt tout le temps, j’ai fini pendant mon trajet entre Paris et Bruxelles (à peu près 3 heures).

Je n’ai pas eu beaucoup de problèmes sur le roman, probablement la narration de la dernière partie était un peu comme un film et pour moi, le ton a été différent du reste du roman. Peut-être si c’était un peu plus long comme ses autres romans, on aurait une meilleure fin.

Pour conclure, c’est un roman très intéressant, un des meilleurs romans que j’ai lu cette année. Je lis beaucoup des romans traduits pour comprendre les cultures d’ailleurs et ici, ma partie favori est la référence vers la conte perse, de Rôstam et Sohrab. Je donnerai le livre une note de huit sur dix.

Note – 8/10

Bonne journée
Andy

jeudi 10 août 2023

La dernière leçon de Mitch Albom – avis de lecture

 


Résumé :

« Chacun a connu dans sa jeunesse quelqu'un qui a su comprendre ses aspirations et ses inquiétudes, l'a aidé à trouver sa voie, à devenir un adulte. Pour Mitch Albom, cet homme fut Morrie Schwartz, son professeur d'université.

Après l'avoir perdu de vue, Mitch apprend que Morrie est atteint d'une maladie mortelle et qu'il a décidé de transformer sa mort en une dernière leçon de philosophie. Mitch lui rendra visite pendant de longs mois, pour chercher avec lui la réponse à cette question qui nous hante tous : comment vivre ? »

A noter : j’ai lu le livre en anglais

La dernière leçon est une compilation d'une série d'échanges entre l'auteur Mitch Albom et son professeur en phase terminale, Morrie Schwartz, atteint de la SLA. L'auteur avait l'habitude de suivre les cours de Morrie lorsqu'il était étudiant, tous les mardis, et ils ont continué la même tradition, celle de se rencontrer tous les mardis, et Mitch de parler de divers aspects de la vie, tels que la famille, les émotions, la mort, etc.

Le voyage en tant que tel est merveilleux à lire, et la camaraderie entre Morrie et Mitch est très bien perçue, chacun ayant quelque chose à donner à l'autre. Mitch a été inspiré par la positivité dont Morrie a fait preuve, malgré le diagnostic d'une terrible maladie, et il a vu la positivité dans chaque situation, y compris lorsque Morrie a commencé à apprécier les dépendances qu'il avait pour accomplir les activités les plus élémentaires.

Le livre était également très facile à lire, ce qui est similaire à l'expérience que j'ai eue avec l'autre livre de Mitch Albom que j'ai lu jusqu'à présent (Les cinq personnes que j'ai rencontrées là-haut). Ce livre suit très bien l'histoire de Mitch et la façon dont il parvient à se retrouver lui-même, après toutes ces discussions avec Morrie.

Alors qu'il était déçu d'être éloigné de son frère qui était en Espagne, et que l'auteur explique que Morrie l'a remplacé, cet aspect aurait pu être davantage exploré par l'auteur. En outre, j'ai eu l'impression que les conversations que Morrie avait avec Ted Koppel (le journaliste de l'émission) auraient pu être plus chronologiques, car elles étaient déconnectées et souvent insérées entre les différents mardis où Mitch est allé rencontrer Morrie, et j'ai souvent perdu la trace de l'endroit où la conversation s'était arrêtée auparavant.

Cela dit, il s'agit d'un bon livre, facile à lire, qui vous aide à vous sentir bien, et c'est pourquoi je lui attribue une note de sept sur dix.

La note – 7 / 10

Bonne journée
Andy

dimanche 6 août 2023

Emprise de Manon Terwagne – avis de lecture

 


Résumé :

« L’information est tombée à la radio. Léger bourdonnement dans les oreilles, ma vision se trouble, je m’assieds :ne pas flancher. Je regarde les petits jouer, inconscients de la bombe qui vient de s’abattre.

Raphaël s’approche, m’agrippe la main. La serre, de plus en plus fort. Je sais ce qu’il attend de moi. Acéré, son souffle me transperce.

Je m’appelle Joséphine, j’ai 26 ans et deux enfants à protéger. Et nous voilà confinés pour une durée indéterminée. »

Emprise est un roman écrit par la jeune auteure belge, Manon Terwagne. Le roman a été écrit après la pandémie de la covid-19 et l’histoire se déroule pendant le confinement en 2020, en Belgique. Le personnage principal est Joséphine, une mère de deux ans qui se retrouve dans une relation abusive avec son mari Raphaël. Elle subi les violences conjugales et également doit protéger ses deux enfants, Marie et Achille.

Raphaël est trop possessif de sa femme, et il n’aime pas si elle parle avec ses ami.e.s, essaie à trouver un job, etc. Chaque fois, Raphaël répond qu’il gagne assez pour la famille comme un médecin et également rappelle à Joséphine qu’elle n’est « rien » sans lui.

Le roman n’est pas écrit dans une façon chronologique et chaque chapitre a la date entête et ça tourne entre 2013 et 2020, quand les deux sont tomber amoureux.eses. Pour moi c’était déjà un problème que j’ai trouvé le personnage de Joséphine comme quelqu’un très faible, qu’elle est tombée amoureuse malgré les plusieurs signaux d’alarmes qui existait déjà, comme le fait que Raphaël n’aimait pas quand Joséphine s’habille en maillot de bain pour aller à la piscine et lui hurle. Ce que j’ai compris aussi est le fait que les deux ne viennent pas du même classe social, Raphaël fait partie de la bourgeoisie et Joséphine du class moyen, et alors, j’ai trouvé qu’elle a accepté Raphaël malgré toutes ses fautes à cause de sa richesse.

Mais cela dit, je vais aussi dire que c’est une histoire réaliste pour beaucoup des gens et couples qui ont vécu dans une relation abusive et été forcé.e.s de rester dans cette situation à cause du confinement. Parfois, on a la peur pour le personnage de Joséphine et on espère qu’elle peut sortir de cette situation difficile. Elle n’a pas beaucoup de soutien de sa belle-famille, même sa belle-mère.

Pour conclure, c’était un roman court et facile à lire, c’est réaliste et probablement une situation beaucoup de gens ont vécu pendant la pandémie de la covid-19, mais le personnage principal m’a déçu, et alors, je n’ai pas eu une lecture très agréable. Je donnerai le livre une note de quatre sur dix.

La note – 4/10

Bonne journée
Andy

samedi 5 août 2023

L’architecte du sultan d’Elif Shafak – avis de lecture

 


Résumé :

« Istanbul, XVIème siècle. Le jeune Jahan débarque dans cette ville inconnue avec pour seul compagnon un magnifique éléphant blanc qu’il est chargé d’offrir au sultan Soliman le Magnifique. Chemin faisant, il rencontre des courtisans trompeurs et des faux amis, des gitans, des dompteurs d'animaux, ainsi que la belle et espiègle Mihrimah. Bientôt, il attire même l'attention de Sinan, l'architecte royal : une rencontre fortuite qui va changer le cours de son existence. »

C’est un roman historique écrit par l’auteure turque Elif Shafak, qui se passe à Istanbul au XVIème siècle. L’intrigue est centrée sur le personnage de Jahan, un jeune garçon de douze ans qui est venu à Istanbul avec un éléphant qui s’appelle Chota, comme un cadeau pour le sultan. L’autres personnages principaux sont de véritables personnages historiques fictionnalisés par l’auteure, qui comprend le sultan Soliman le Magnifique, sa fille Mihrimah et l’architecte royal - Mimar Sinan.

L’histoire se déroule pendant l’ère de trois différents sultans, de Soliman jusqu’à son petit fils Mourad III. L’auteure touche sur la société turque à cet époque, l’aspect multiculturel d’Istanbul, un creuset d’ethnies multiples, comme les tur.c.que.s, arménien.ne.s, serbes, bosniaques, iranien.ne.s, etc. Même les meilleures amis du personnage principal, Jahan, ont des origines différents.

L’intrigue a bien suivi le développement de son personnage, un garçon qui a été un mahout au début, qui était reconnu par le sultan en raison des performances de son éléphant Chota lors des guerres dans les Balkans. Il y a aussi l'intrigue romantique entre la fille du sultan, la princesse Mihrimah, et Jahan, un amour interdit qui n'aurait jamais pu se concrétiser en raison du statut social inférieur de Jahan. Puis, il devient l’apprenti de l’architecte royal Sinan, et l'histoire se poursuit jusqu'à sa vieillesse.

J’ai aimé comment elle a utilisé les différents aspects de la société ottomane historique. Ce qui sont intéressé.e.s par les romans historiques et l’histoire du moyen âge, vont adorer ces aspects. J’ai pu bien visualiser Istanbul du XVIème siècle d’après la description de l’auteure. La relation entre Sinan et Jahan, et également les secrets sur la vie de Jahan et Sinan étaient gardés jusqu’à la fin du livre.

Lorsque j’ai adoré l’histoire, et j’ai même appris beaucoup des choses sur l’histoire de l’Empire ottomane, j'ai trouvé que l'intrigue n'était pas le point fort du roman. C’était trop long et il n’y avait pas beaucoup de mouvement au niveau de l’histoire même si il y avait trois changements de sultans. L’amour entre Mihrimah et Jahan est bien écrit mais c’est évident depuis le début pour chaque lect.eur.ice que ça ne va pas au profondeur.

Pour conclure, je vais dire que c’était un roman un peu trop long sans beaucoup de mouvements au niveau de personnages ou l’intrigue mais c’était quand même intéressant de lire un roman qui se passe à l’Empire Ottoman historique. Je donnerai le roman une note de six sur dix.

La note – 6/10

Bone journée
Andy

vendredi 21 juillet 2023

Glyphe de Percival Everett – avis de lecture

 


Résumé :

« L'autobiographie hilarante et érudite d'un bébé surdoué qui décide de renoncer au langage articulé pour écrire, sidère et manipule ses parents avant de devenir l'objet de la convoitise générale et de passer de mains en mains, victime d'enlèvements successifs orchestrés par des scientifiques, des agents du Pentagone ou des prêtres en mal d'exorcismes. Conçu comme une parodie des dogmes de la déconstruction, une satire de l'absurdité des comportements du genre humain. »

A noter : J’ai lu le roman en anglais

To read the review in English, click here

Glyph est un roman écrit à la fin des années 90 par le professeur d'anglais Percival Everett. Le roman met en scène un bébé nommé Ralph, qui est un génie et qui lit des livres et écrit des poèmes dans son berceau. Cependant, il ne prononce aucun mot et ne s'exprime que par l'écriture. Sa mère s'inquiète pour lui et l'emmène chez une psychiatre, mais lorsque tout le monde commence à prendre note des capacités de Ralph, cela conduit à son enlèvement.

Pour des romans comme celui-ci, le début doit être convaincant, étant donné qu'il s'agit d'une prémisse absurde et que l'auteur l'a très bien écrite pour attirer le lecteur dans son monde. Le roman comporte de nombreux éléments humoristiques, à commencer par l'antipathie de Ralph envers son père, due à l'insécurité de ce dernier, écrivain en difficulté, qui a du mal à accepter que son bébé soit plus intelligent que lui. Il y a également plusieurs références où Ralph parle de littérature connue, de Balzac à Baldwin, ainsi que de divers philosophes tels que Nietzsche et Platon. Je n'ai pas pu m'identifier à toutes les références littéraires, mais il s'agit d'un cas où l'auteur joue avec sa force, celle d'être un professeur d'anglais.

Bien que j'aie apprécié la prémisse et les éléments humoristiques, j'ai trouvé que le roman était un peu trop long. Un seul enlèvement était acceptable, mais un deuxième enlèvement faisait traîner l'histoire en longueur. Bien que je puisse adhérer au monde où un enfant est un prodige, le fait qu'il soit capable de conduire met le lecteur à rude épreuve et c'est là que j'ai eu l'impression que l'humour se perdait.

L'humour n'est pas un genre que je lis habituellement et ceux que j'ai lus ne m'ont pas particulièrement plu. Cependant, ce livre s'est avéré être une exception et je l'ai trouvé tout à fait amusant. Même s'il n'est pas le plus facile à lire et qu'il pourrait être mieux apprécié si l'on pouvait comprendre toutes les références littéraires et philosophiques, je dirais que ce livre satisfera le public moyen et, sur cette note, je donne une note de six sur dix.

La note – 6/10

Bonne journée
Andy

jeudi 20 juillet 2023

Une ville à soi de Chi Li – avis de lecture


 

Résumé :

« Mijie est une maîtresse femme. Issue des rangs de l’armée, elle a ouvert après le décès de son époux une échoppe de cirage de chaussures dont les affaires sont florissantes. A sa grande surprise, une jeune voisine élégante vient lui offrir ses services. Cherchant à en savoir davantage, Mijie comprend que celle-ci veut ainsi défier un mari qui la délaisse. Dès lors, une véritable complicité se dessine entre les deux femmes, mêlée chez la première d’un sentiment plus tendre. A cette amitié s’ajoute le soutien inconditionnel de la belle-mère de Mijie, une vieille dame qui depuis toujours la seconde avec discrétion.

Hommage à la ville de Wuhan, ce roman explore quelques-unes des interrogations des femmes chinoises dans une négociation permanente entre éthique et recherche du bonheur personnel. Et c’est aussi à travers leur vie, leurs liens et leurs engagements, un portrait sensible de l’évolution des modes de vie urbains en Chine. »

Une ville à soi est en roman contemporain chinois, publié en 2000, écrit par Chi Li. Il s’agit principalement des trois femmes ; Mijie, qui tient un commerce de cirage de chaussures dans une rue animée de Wuhan ;Fengchun, sa voisine qui a elle rejoint comme employé dans le magasin ;et la belle-mère de Mijie. Les trois femmes sont de trois générations différentes, Fengchun la plus jeune et la belle-mère de Mijie la plus vieille, et évidemment, Mijie au milieu de deux. Fengchun a offert ses services à Mijie étant donné qu’elle est dans un mariage malheureux et qu'elle veut se distraire. Mijie a ses propres défis de vie, s'occuper de sa belle-mère vieillissante et également, être un parent unique pour son fils.

L’auteur a bien utilisé la ville de Wuhan et la rue et les gens sont bien décrits. J’aime lire les romans traduits car je trouve que cette une belle façon pour découvrir une autre culture et ici, je me suis senti être en Chine avec les personnages. Etant donné que l’auteur habite en Chine, j’ai vu des autres subtilités aussi, où la période avant et après la prise de pouvoir par le parti communiste est mentionnée comment avant et après la « libération ». Les personnages, particulièrement Mijie, n’aime pas l’influence des sociétés chinoises plus ouvertes comme Hong Kong ou Taïwan sur la langue chinoise.

Mais cela dit, pour moi la difficulté était les personnages, et il n’y avait aucun personnages aimables. Même si m’intrigue parle de l’évolution d’amitié entre Mijie et Fengchun, c’était une amitié sans égalité, où Mijie a eu trop de pouvoir, et elle a supposé qu'elle avait le pouvoir de prendre des décisions sur la vie de Fengchun. Ils ont précisé plusieurs autres choses sur le livre qui auraient pu être intéressantes – comme le fait que Mijie a été dans l’armée chinoise, où ses défis comme un parent unique dans une société très conservatrice, mais l’auteur n’a jamais utilisé ces faits.

Alors, c’est pour cette raison que j’ai un avis mitigé sur le livre car lorsque j’ai eu une découverte culturelle, l’intrigue n’était pas intéressant, et au moins, étant donné que Fengchun est une jeune femme, j’ai eu l’attente sur elle, qu’elle va défier les anciens normes de la société conservatrices et impertinente.

Pour conclure, je donnerai une note de 5 sur 10, et pour préciser, ce sera 4 pour l’intrigue et l’écriture et un autre point pour avoir bien utilisé la ville, paysages et la culture locale, afin que les lecteur.ice.s puissent avoir une découverte culturelle.

Note – 5/10

Bonne journée
Andy

samedi 15 juillet 2023

Sécesion et création d’un Etat de James Ker-Lindsay et Mikulas Fabry – avis de lecture

 


Quatrième de couverture : (traduit par moi)

Click here to read the review in English

« Qu'est-ce qu'un Etat ? Cette question a attiré de plus en plus d'attention ces dernières années avec le vote illégal de la Catalogne en faveur de l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne et la quête permanente de la Palestine pour une reconnaissance internationale. Alors que l'Ecosse a choisi de rester au sein du Royaume-Uni, les discussions sur l'indépendance se sont poursuivies à mesure que les ramifications du vote sur le Brexit commençaient à se faire sentir. Le Kosovo, le Soudan du Sud et la situation en Ukraine - chacun à sa manière révèle les périls de la création d'une nation séparée de voisins qui l'ont dominée.

Comme expliqué par James Ker-Lindsay et Mikulas Fabry dans ce nouveau livre de la série « Ce que tout le monde doit savoir », le chemin vers la création d'un Etat n'a jamais été facile. La perspective de perdre un territoire n'est généralement pas bien accueillie par l'Etat d'origine, et toute menace pour une culture existante et son économie se heurte souvent à une résistance - armée ou autre. Au-delà de ce conflit immédiat, la communauté internationale refuse souvent d'accepter de nouveaux Etats sans preuve d'un territoire défini, d'une population établie et d'un gouvernement efficace, ce qui se traduit souvent par un gouvernement démocratique respectant les droits de l'homme. En répondant les questions juridiques, politiques et pratiques de la sécession et de la création d'Etats, Ker-Lindsay et Fabry fournissent un guide fort d'un sujet complexe. »

A noter : Il n’existe pas une traduction française – mais je recommande le livre fortement si vous intéressé.e par le sujet et vous êtes à l’aise en anglais

Qu'est-ce qu'un Etat ? Cette question est d'autant plus pertinente aujourd'hui que nous sommes confrontés à la situation géopolitique la plus tumultueuse depuis des décennies, avec l'invasion sans provocation de l'Ukraine par la Russie, la guerre civile au Soudan, les changements de régime en Afghanistan, au Myanmar, etc. Comme les auteurs l'indiquent dès le début du livre, certains Etats nouvellement formés, comme le Sud-Soudan, ont obtenu la reconnaissance internationale sans trop de difficultés, tandis que d'autres, comme le Kosovo, malgré leur capacité à fonctionner en tant qu'Etat indépendant, y compris en obtenant la reconnaissance des principales puissances mondiales, ne sont toujours pas reconnus par plus de la moitié du monde et ne sont pas membres de l'ONU. C'est à ces questions que répond ce livre, à savoir ce qui crée un Etat et quelles sont les causes valables d'une sécession.

Tout d'abord, ce livre adopte une perspective académique sur la question et n'est pas un livre philosophique sur la nation ou le sentiment d'appartenance. Il aborde les conventions internationales largement reconnues, ainsi que la charte des Nations unies et les diverses résolutions relatives à l'existence d'un Etat et à des idées telles que l'autodétermination. Même les définitions de ce qui constitue un Etat datent de la fin du XVIIIe siècle (à l'époque de l'indépendance des Etats-Unis) et n'expliquent pas comment les Etats ont été reconnus dans différentes régions avant de cette période (par exemple, en Europe, l'Eglise a été importante pour reconnaître des royaumes pour une grande partie du Moyen-Âge).

Il est présenté d'une manière facile à lire - divisé en chapitres et sous forme de questions-réponses. Le livre a été publié en 2023 et est donc mis à jour jusqu'à l'invasion sans provocation de l'Ukraine par la Russie. Pour les non-initiés qui s'intéressent en même temps à la géopolitique et aux différents concepts de reconnaissance des Etats, ce livre fournit une vue d'ensemble, expliquant ce qui constitue un Etat, quelles ont été les méthodes acceptées utilisées pour résoudre les conflits dans le passé, ainsi que les efforts infructueux et les conflits gelés. Plusieurs faits intéressants ont été présentés, en particulier les normes que nous suivons au sein de la communauté internationale - je n'y avais jamais pensé de cette manière, les pays ayant convenu qu'un Etat souverain disposerait d'une voix à l'Assemblée générale des Nations unies, indépendamment de sa taille et de sa population.

Comme je l'ai déjà dit, les lecteurs pourraient être déçus par des attentes erronées, car le livre est académique et utilise souvent des termes qui ne font pas partie du langage courant. Toutefois, ceux qui s'intéressent ne serait-ce que partiellement au sujet peuvent être familiarisés avec un tiers du livre et donc passer rapidement à ces sections (par exemple, une explication détaillée de la convention de Montevideo sur les critères de reconnaissance d'un Etat).

Pour conclure, je dirais que ce livre est une excellente lecture et qu'il est fortement recommandé à ceux qui s'intéressent à la géopolitique et au fonctionnement du système international. Sur cette note, j'attribue à ce livre une note de huit sur dix.

La note – 8/10

Bonne journée
Andy