dimanche 24 janvier 2021

Les passeurs de livres de Daraya par Delphine Minoui – avis de lecture


 

Quatrième de couverture :

« Bachar al-Assa s’était juré de les enterrer vivants, d’ensevelir leur ville et leurs espoirs. Daraya, un des berceaux du printemps syrien de 2011, à sept kilomètres de Damas, est devenu un tombeau à ciel ouvert. Mais sous les bombes, les derniers insoumis assiégés ont bâti une forteresse de papier pour résister : pendant quatre années de blocus, Ahmad, Shadi, Hussam ou Omar ont exhumé des milliers d’ouvrages ensevelis sous les décombres de la ville et les ont rassemblés dans une bibliothèque secrète, calfeutrée dans un sous-sol. Au cœur du chaos, un refuge où la parole circule, contre les atrocités, l’absurde, l’oubli… »

Les passeurs de livres de Daraya est un livre sur la bibliothèque sous-sol gérée par les jeunes hommes d’une banlieue de Damas (Daraya). Il est écrit par la journaliste Delphine Minoui, qui a travaillé plus d’une décennie en Moyen-Orient. Elle n’a pas seulement écrit sur la bibliothèque dans ce livre mais aussi de la ville, les quatre personnes qu’elle a parlé et la situation en Syrie à partir de la guerre civile qui a commencé en 2011 (ce livre a été publié en 2017).

L’auteur a lu une publication sur Facebook qui s’appelle « Humans of Syria », qui a parlé d’Ahmad, une des personnes qui était responsable de cette bibliothèque secrète sous-sol. Daraya est une banlieue dans le contrôle de les rebelles syriennes – bombardée par le régime d’Assad. Sous les décombres sont plusieurs livres – des ouvrages classiques, philosophiques, et aussi self-help. Même si Ahmad était initialement sceptique de l’idée d’une bibliothèque parce que selon lui, ces sont des propagandes d’Assad, il a été inspiré après avoir trouvé plusieurs livres bannis par le régime est la bibliothèque est devenue un symbole de résistance.

Même si elle est une journaliste qui rapporte des événements, c’est un livre sur les gens, particulièrement, ses quatre interlocuteurs – Ahmad – son interlocuteur principal ; Shadi – le jeune photographe qui est comme un « journaliste » et aussi un témoin, Omar qui est un combattant pour l’Armée syrienne libre et l’intellectuel du groupe ; et Hussam – qui entretenait une relation à distance. J’aimais qu’elle ait focalisé sur leurs principes que les passeurs n’étaient pas voleurs du livre, mais les gardiens qui ont enregistré le propriétaire original pour chacun des livres. Je ne connais pas beaucoup sur la ville de Daraya avant j’ai lu mais d’après la description, j’ai compris que c’était un quartier bourgeoisie, si on considère qu’Ahmed et ses amis était très cosmopolitan, qui profitent de films de Amélie Poulain et des œuvres de Paulo Coelho. Dans le monde moderne, les élites ont un coussin pour éviter tous les problèmes mais la guerre est une exception où les personnes qui rêvent de devenir ingénieurs et médecins étaient réduits à se concentrer sur la survie et le prochain repas.

J’aimais aussi qu’elle a posé quelques questions difficiles qui étaient importantes de poser quand même – comme elle a posé à Omar s’il considère lui-même comme un djihadiste. C’était intéressant que même après tous les bombardements par le régime d’Assad, c’était le peuple de Daraya qui avait pris les décisions à Daraya et pas le militaire (ni l’Armée syrienne libre, ni Front Al-Nosra ou Daech) et c’est la raison les majorités de jeunes pouvaient éviter la radicalisation.

De lire ce genre de livres sont difficiles, et par inadvertance, il y a un élément de suspense – parce que j’étais très inquiété de savoir si les jeunes hommes ont survécu. La seule différence entre lire un roman à suspense et ce livre est que les personnes ici ne sont pas les personnages mais vraies personnes.

J’ai rappelé de ce que j’ai pensé au début du printemps arabe, que Moubrak est tombé, puis Gaddafi, ensuite ce serait le tour de la famille Assad en Syrie. Trois ans après, j’étais gêné par mon naïveté ; compte tenu la situation en Syrie, une guerre civile trop sanglante aidée par un sale jeu géopolitique joué par les pouvoirs différents dans la région. Pour moi, peut-être cette une pensée intellectuelle ne m’affecte rien mais c’était triste que les gens en Syrie aient le même espoir, que ce serai leur tour pour déposer le dictateur et obtenir la liberté.

Je croyais que du temps en temps, l’auteur avait un biais fort vers l’Armée syrienne libre – une image noire et blanche comme les rebelles sont composés de gens qui sont juste et la côté Assad comme les méchants même si c’est loin de la réalité. Ce n’est pas une justification pour Assad, ni un ternissement de rebelles mais la situation est plus compliquée que ça. Je suis sûr que l’auteur soit plus compétente que moi dans ce sujet mais le livre est court (de 160 pages) et elle aurait pu donner plus de détails.

Elle a essayé de toucher plusieurs sujets dans un livre court et finalement, on avait beaucoup des choses intéressant en morceaux détachées. Par exemple, je me suis demandé où était les femmes de Daraya pendant ce massacre, et finalement, elle a ajouté une lettre écrite vers François Hollande (ancien président de la France) par les femmes de la ville. Et après, rien. On peut peut-être facilement écarter l'idée que leur manque d'implication était une chose culturelle, mais je suis sûr que dans des circonstances désastreuses, la suppression culturelle ne fonctionnera pas.

Puisqu’elle est une journaliste, j’avais eu le sentiment comme relire les journaux encore une fois sur cette guerre. J’étais intéressé plus par le peuple qui sont impacté que les nouvelles et histoire (qui sont disponible dans plusieurs autres sources). Je comprends que tous les lecteurs ne soient pas assez informés et il est important de donner le contexte, mais dans ce cas, prolonger la taille du livre en place de chapitres de deux pages.

Pour conclure, c’est un livre intéressant, facile à lire même si c’est triste. C’est un peu déséquilibre, j’estime deux tiers vers l’histoire et le reste sur les quatre hommes et la bibliothèque. Je donne le livre une note de sept sur dix.

La note – 7/10

Bonne journée,
Andy