Résumé :
« Martin, instituteur
danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa
mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groenland. Il
prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus
de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire.
Armé de ses bonnes intentions,
encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées préconçues, Martin
découvre une communauté solidaire, dont la vie s'organise en fonction de la
nature environnante - et pas malgré elle. Au fil des mois qui passent et des
rencontres, dans une société où le rire est érigé en remède suprême contre la
peur ou la tristesse, il apprend à apprécier ce qui est, sans se soucier de ce
qui aurait pu être, et trouve ce à quoi il aspirait : l'aventure, l'immensité,
l'harmonie, l'amour.
Roman chaleureux et humaniste,
qui dénonce notamment les ravages de la colonisation du Groenland par le
Danemark, Imaqa est un hymne à la tolérance et à la douceur, porté par un
humour irrésistible. »
A noter : Le roman est écrit en danois et j’ai lu sa
traduction française
Imaqa est un roman écrit par
l’auteur et humoriste danois Flemming Jensen. Le roman se déroule dans les
années 1970 au Groenland ; il faut donc noter que c’est avant l’instauration de
l’autonomie accordée par le gouvernement danois en 2009.
Le personnage principal est
Martin, un instituteur au Danemark qui souhaite s’installer au Groenland pour y
éduquer les enfants inuits. De l’autre côté, il y a Jakub, qui est originaire
du Groenland mais habite au Danemark et est en train de perdre sa propre
culture. Martin découvre, dans le village inuit, leur culture et constate
également que les manuels scolaires prescrits par le ministère de l’Éducation à
Copenhague sont incompatibles avec la vie quotidienne au Groenland.
J’ai aimé l’idée de l’auteur
d’explorer la vie quotidienne des Inuits, et je comprends qu’il ait lui-même
vécu au Groenland. J’ai apprécié sa description des paysages autour des
villages. Il montre également l’inefficacité de la bureaucratie danoise : Martin
est sanctionné par l’administration pour avoir dévié des manuels scolaires
prescrits. Il y a beaucoup de tristesse autour du village, mais l’auteur mène
malgré toute la narration avec humour.
Cependant, je n’ai pas compris
certains choix de l’auteur. Pendant la première cinquantaine de pages, un
chapitre présente le point de vue de Martin au Groenland, puis le chapitre
suivant se concentre sur Jakub au Danemark. Mais à un moment donné, Jakub retourne
dans son village, le même où Martin est instituteur, et il n’est ensuite même
plus l’un des personnages principaux. J’ai bien compris qu’il y a un passé
triste dans la vie de Martin et qu’il arrive au Groenland pour oublier cette
partie de sa vie, mais cette partie de son passé n’est jamais vraiment explorée
par l’auteur.
J’ai également compris que le but
de l’auteur était plutôt de faire une satire de l’administration danoise au
Groenland et de montrer à ses lecteurs son inefficacité. Cela dit, c’est un
roman avec des personnages et non un essai, et j’aurais donc préféré que les
personnages aient un peu plus d’importance. Une autre chose que je n’ai pas pu
m’empêcher de remarquer, c’est que, même si l’auteur critique les stéréotypes
autour des Inuits, il en utilise lui-même certains que je retrouve dans les
médias danois grand public (par exemple dans la série Borgen) : l’idée
que la vie est triste et sans espoir, et que les suicides commis par les jeunes
sont « normaux ».
Malgré ces faiblesses, je ne
regrette pas cette lecture. J’ai découvert une nouvelle culture que je vois
rarement représentée dans la littérature et j’ai également apprécié l’humour de
l’auteur. Je lui attribue donc une note de six sur dix : une bonne lecture qui
aurait pu être meilleure, notamment sur les points que j’ai mentionnés plus
haut.
La note – 6/10
Bonne journée
Anirudh






