samedi 7 novembre 2026

La Marque de Fríða Ísberg – avis de lecture

 


Résumé :

« Reykjavík, Islande. Dans une société divisée, en perte de sens et de confiance, un test d’empathie, gage de fiabilité morale, est mis en place. Les personnes non marquées – n’ayant pas réussi le test ou refusant de s’y plier – sont petit à petit mises au ban de la société, se voyant refuser l’accès à un emprunt, à certains postes, voire à certains quartiers.

Il ne reste désormais plus que quelques jours avant que le test ne devienne peut-être obligatoire pour tous. Quelques jours déterminants pour Vetur, Eyja, Tristan et Óli, pris dans l’engrenage d’une société divisée, aux règles du jeu explosives. Insécurité, démons du passé, ambitions politiques, addiction, chacun doit lutter, à sa façon, dans une course effrénée contre la montre. »

A noter : J’ai lu la traduction anglaise du roman. Click here to read my book review in English

La Marque est un roman dystopique écrit par l'auteure islandaise Fríða Ísberg, publié en 2021. L'auteure y explore une société où les individus sont « marqués » en fonction des résultats d'un test d'empathie. Ceux et celles qui choisissent de ne pas être marqué.es en subissent les conséquences, telles que la discrimination et le refus d'accès aux services publics. Cette société est explorée à travers le regard de quatre personnages issus de milieux sociaux différents.

Le livre proposait une idée intéressante et donnait l’impression d’être une version islandaise de « Le Big Brother vous surveille ». Le fait qu’il ait été écrit au cours de cette décennie m’a permis de mieux m’y identifier, car les références utilisées, telles que la Covid-19 ou la création de contenus manipulateurs par l’IA, correspondent à des expériences que nous avons tous vécues ou que nous vivons encore. Ces quatre personnages faisaient également de nombreuses remarques sur la société d’aujourd’hui.

Cela dit, il s’agissait d’un roman court et la traduction anglaise que j’ai lue comptait environ 230 pages ; ce qui signifiait qu’il n’y avait pas assez de place pour que quatre personnages principaux figurent dans le roman. Et cela ne s’est même pas limité à ces quatre personnages : plusieurs autres personnes étaient impliquées dans leurs vies, ce qui fait qu’à un moment donné, j’ai eu l’impression d’être submergé par un déluge de noms, au point de me demander qui étaient certaines de ces personnes. Si je n’ai mentionné aucun nom de personnage jusqu’à présent dans mon avis de lecture, c’est parce qu’aucun d’entre eux ne m’a marqué au point que je m’y attache individuellement.

Un autre problème réside dans le fait que, bien qu’il s’agisse d’une idée intéressante, c’est aussi l’une des plus exploitées. Mis à part le cadre islandais et la décennie actuelle, je n’ai rien trouvé de nouveau par rapport aux univers orwelliens du siècle dernier que j’ai lus. Il est brièvement fait mention du fait qu’un des personnages connaît quelqu’un qui s’est installé en Espagne et qui n’a pas eu à subir les conséquences d’avoir été marqué ; l’auteur a ainsi établi que, dans cet univers, le système de marquage n’était pas universel. Explorer la situation dans d’autres pays et soulever le débat plus large sur la sécurité face à la liberté individuelle aurait pu apporter une réelle valeur ajoutée à ce roman.

Dans l'ensemble, c'est un livre que je ne regrette pas d'avoir lu, mais dont je ne me souviendrai sans doute pas dans quelques mois. Il y a certaines phrases que j'ai bien sûr surlignées dans mon livre et que je relirai certainement de temps en temps, mais je ne pense pas que j'aurai envie de relire le roman dans son intégralité. C'est une lecture simple qui pourrait plaire à ceux et celles qui aiment ce thème. Sur ce, j'attribuerais à ce roman une note de six sur dix.

La note – 6/10

Bonne journée
Anirudh

Sur les ossements des morts d’Olga Tokarczuk – avis de lecture



Résumé :

« Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au cœur des Sudètes. Ingénieure à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’œuvre du poète et peintre William Blake. Un matin, elle retrouve un voisin mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C’est le début d’une série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouvée des traces animales. La police mène l’enquête. Les victimes avaient toutes pour point commun une passion dévorante pour la chasse… »

Click here to read my review in English

Sur les ossements des morts est un roman écrit par l’autrice polonaise Olga Tokarczuk, lauréate du prix Nobel de littérature. L’histoire se déroule autour du personnage principal, Janina, une femme âgée qui vit seule à la campagne en Pologne, pas loin de la frontière avec la Tchéquie. Elle retrouve son voisin mort et elle aide la police dans son enquête. Bientôt, il y a plusieurs autres victimes similaires, et le seul point commun était que les victimes étaient passionnées par la chasse.

J’ai aimé le fait que l’histoire se déroule dans la Pologne contemporaine. Le roman a été publié en 2010 et j’imagine que l’histoire se déroule après 2004, vu qu’il y a plusieurs références qui indiquent que la Pologne faisait déjà partie de l’Union européenne, sur les lois concernant les forêts par exemple. Le personnage principal, Janina, est également intéressante, avec autant de contradictions, comme le fait qu’elle n’est pas religieuse mais est quand même obsédée par l’astrologie, et aussi par les poèmes de William Blake.

Cependant, je n’ai pas compris le choix de la traductrice de laisser les paragraphes de William Blake, cités par l’autrice tels quels en anglais. Il se trouve que je parle anglais et alors, je n’ai pas de problème de compréhension, mais pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’anglais, je crois que ce sera difficile. Je ne suis pas sûr que, dans la version originale en polonais, l’autrice ait cité les phrases de William Blake en anglais – si quelqu’un d’entre vous a lu le roman en polonais, vous pouvez me le dire dans les commentaires.

J ’ai apprécié le fait que Janina soit très ambiguë, mais c’est également la faiblesse du roman. Si ce roman est une enquête sur les meurtres, les informations données aux lecteurs et lectrices devraient être fiables. Mais Janina, en tant que narratrice, avoue elle-même qu’elle a mal raconté certains événements ou menti à certains moments précédents. Je classe ce roman comme un « roman policier ennuyeux » car ça ne m’a pas vraiment donné envie de chercher qui a commis les meurtres. Peut-être que la révélation à la fin sera une surprise pour certains et certaines d’entre vous, mais pour moi, c’était évident dès le début du roman. 

C’était aussi difficile de suivre les autres personnages car la narratrice a un surnom pour chacun et chacune. C’est possible de les suivre si c’est cohérent partout, mais souvent, leurs vrais prénoms sont aussi utilisés. 

Pour résumer, c’était un mystère très ennuyeux avec une narratrice intéressante qui ne convient pas à un roman polar. Je n’ai pas pris plaisir à lire le roman et je donne une note de quatre sur dix.

La note – 4/10

Bonne journée
Anirudh

mardi 29 septembre 2026

Imaqa de Flemming Jensen – avis de lecture

 


Résumé :

« Martin, instituteur danois de trente-huit ans qui ressent un vide dans son existence, demande sa mutation dans la province la plus septentrionale du Danemark, le Groenland. Il prend ses fonctions dans un hameau de cent cinquante âmes : Nunaqarfik, à plus de cinq cents kilomètres au nord du cercle polaire.

Armé de ses bonnes intentions, encombré de sa mauvaise conscience coloniale et de ses idées préconçues, Martin découvre une communauté solidaire, dont la vie s'organise en fonction de la nature environnante - et pas malgré elle. Au fil des mois qui passent et des rencontres, dans une société où le rire est érigé en remède suprême contre la peur ou la tristesse, il apprend à apprécier ce qui est, sans se soucier de ce qui aurait pu être, et trouve ce à quoi il aspirait : l'aventure, l'immensité, l'harmonie, l'amour.

Roman chaleureux et humaniste, qui dénonce notamment les ravages de la colonisation du Groenland par le Danemark, Imaqa est un hymne à la tolérance et à la douceur, porté par un humour irrésistible. »

A noter : Le roman est écrit en danois et j’ai lu sa traduction française

Imaqa est un roman écrit par l’auteur et humoriste danois Flemming Jensen. Le roman se déroule dans les années 1970 au Groenland ; il faut donc noter que c’est avant l’instauration de l’autonomie accordée par le gouvernement danois en 2009.

Le personnage principal est Martin, un instituteur au Danemark qui souhaite s’installer au Groenland pour y éduquer les enfants inuits. De l’autre côté, il y a Jakub, qui est originaire du Groenland mais habite au Danemark et est en train de perdre sa propre culture. Martin découvre, dans le village inuit, leur culture et constate également que les manuels scolaires prescrits par le ministère de l’Éducation à Copenhague sont incompatibles avec la vie quotidienne au Groenland.

J’ai aimé l’idée de l’auteur d’explorer la vie quotidienne des Inuits, et je comprends qu’il ait lui-même vécu au Groenland. J’ai apprécié sa description des paysages autour des villages. Il montre également l’inefficacité de la bureaucratie danoise : Martin est sanctionné par l’administration pour avoir dévié des manuels scolaires prescrits. Il y a beaucoup de tristesse autour du village, mais l’auteur mène malgré toute la narration avec humour.

Cependant, je n’ai pas compris certains choix de l’auteur. Pendant la première cinquantaine de pages, un chapitre présente le point de vue de Martin au Groenland, puis le chapitre suivant se concentre sur Jakub au Danemark. Mais à un moment donné, Jakub retourne dans son village, le même où Martin est instituteur, et il n’est ensuite même plus l’un des personnages principaux. J’ai bien compris qu’il y a un passé triste dans la vie de Martin et qu’il arrive au Groenland pour oublier cette partie de sa vie, mais cette partie de son passé n’est jamais vraiment explorée par l’auteur.

J’ai également compris que le but de l’auteur était plutôt de faire une satire de l’administration danoise au Groenland et de montrer à ses lecteurs son inefficacité. Cela dit, c’est un roman avec des personnages et non un essai, et j’aurais donc préféré que les personnages aient un peu plus d’importance. Une autre chose que je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer, c’est que, même si l’auteur critique les stéréotypes autour des Inuits, il en utilise lui-même certains que je retrouve dans les médias danois grand public (par exemple dans la série Borgen) : l’idée que la vie est triste et sans espoir, et que les suicides commis par les jeunes sont « normaux ».

Malgré ces faiblesses, je ne regrette pas cette lecture. J’ai découvert une nouvelle culture que je vois rarement représentée dans la littérature et j’ai également apprécié l’humour de l’auteur. Je lui attribue donc une note de six sur dix : une bonne lecture qui aurait pu être meilleure, notamment sur les points que j’ai mentionnés plus haut.

La note – 6/10

Bonne journée
Anirudh

lundi 28 septembre 2026

Femme pour moitié de Perumal Murugan – avis de lecture


 

Résumé :

« Dans un village modeste du Tamil Nadu, État du sud de l’Inde, Ponna et Kali, jeune couple de paysans, filent le parfait amour. Pourtant leur bonheur est mal vu car ils n’ont toujours pas conçu d’enfant. Ponna et Kali se sentent suffisamment comblés par leur union mais, face aux moqueries et humiliations croissantes, ils vont chercher une solution dans leur folklore, entre superstitions et offrandes. C’est alors qu’ils ont vent d’un festival dans un temple juché sur les montagnes, et d’une curieuse cérémonie qui pourrait peut-être les sauver… »

A noter : J’ai lu l’original en tamoul ainsi que la traduction française de Léticia Ibañez

Femme pour moitié est l’un des romans les plus connus de l’auteur tamoul Perumal Murugan. Avec une histoire d’amour qui se déroule au début du XXe siècle, avant l’indépendance de l’Inde, l’auteur met en lumière un problème social qui existe encore aujourd’hui : la situation difficile des couples sans enfants.

Kali est un fermier qui vit avec sa femme, Ponna. Même s’il y a beaucoup d’amour entre eux, un problème demeure : douze ans après leur mariage, ils n’ont toujours pas d’enfant. Ils subissent une forte pression sociale, et on pousse même Kali à prendre une deuxième épouse. Le couple essaie tous les rituels prescrits par leur religion, sans résultat. Finalement, une solution extrême leur est proposée : Ponna pourrait participer à une fête religieuse dans l’espoir d’avoir un enfant. Mais les détails de cette fête bouleversent Kali et commencent à faire apparaître les fissures dans leur relation.

J’ai beaucoup aimé les descriptions des paysages du pays des Tamouls rural, et notamment ceux du Tamil Nadu rural. J’ai également apprécié la construction du personnage de Kali, qui est assez complexe et qui aime sa femme. Cependant, il considère sa position et son prestige dans la société comme plus importants que tout, et de ce point de vue, il est aussi très égoïste. Il y avait également d’autres personnages intéressants, comme Nalaiyyan, l’oncle célibataire de Kali, qui est la seule source de soutien du couple.

À un moment donné, j’ai eu l’impression que le couple était obsédé par le fait d’avoir un enfant et, pendant une grande partie du livre, c’est un cycle qui se répète : le couple essaie d’avoir un enfant sans succès, les deux subissent des insultes de la part de quelqu’un, puis il y a une nouvelle tentative. Après deux ou trois répétitions, je savais déjà que leur tentative n’allait pas fonctionner et je n’avais plus vraiment de raison d’attendre quoi que ce soit en tant que lecteur.

C’est le troisième roman de Perumal Murugan que je lis, et c’est mon moins préféré des trois. Dans son roman Le Bûcher (cliquez ici pour lire mon avis), par exemple, le conflit principal commence dès le début, alors qu’ici, il faut attendre jusqu’aux deux derniers chapitres.

Il faut aussi prendre en compte que l’auteur a reçu des menaces de mort à cause de ce roman, de la part de l’extrême droite indienne. Dans l’édition française, l’avant-propos écrit par Laetitia Zecchini explique très bien la situation.

Comme j’ai lu le roman dans les deux langues, je peux dire que la traduction est très bien faite et que la traductrice a su restituer toutes les nuances possibles.

Pour conclure, j’ai un avis mitigé sur le roman. L’auteur aborde un sujet important qui existe encore aujourd’hui dans la communauté tamoule, et j’apprécie son courage face à l’extrême droite. Cela dit, le roman est trop répétitif à mon goût, et le personnage principal, Kali, n’est pas très attachant non plus. Je lui attribue donc une note de sept sur dix.

La note – 7/10

Bonne journée
Anirudh

samedi 12 septembre 2026

Paradis d’Abdulrazak Gurnah – avis de lecture



Résumé :

« Quand ses parents annoncent à Yusuf, douze ans, qu'il va partir séjourner quelque temps chez son oncle Aziz, il est enchanté. Prendre le train, découvrir une grande ville, quel bonheur pour lui qui n'a jamais quitté son village de Tanzanie. Il ne comprend pas tout de suite que son père l'a vendu afin de rembourser une dette trop lourde - et qu'Aziz n'est pas son oncle, mais un riche marchand qui a besoin d'un esclave de plus chez lui. À travers les yeux de Yusuf, l'Afrique de l'Est au début du XXᵉ siècle, minée par la colonisation, se révèle dans toute sa beauté et sa rudesse. Dans ces étendues désertiques traversées de lentes caravanes, dans ce paradis bientôt perdu, le poids d'une vie vaut celui de quelques gouttes d'eau. »

A noter : J’ai lu en anglais - click here to read my review in English

Paradis est un roman écrit par l'auteur britannique et tanzanien, Abdulrazak Gurnah, lauréat du prix Nobel de littérature en 2021. L'histoire suit le parcours de Yusuf, un jeune garçon que son père a vendu afin de rembourser les dettes qu’il avait contractées avec son hôtel en faillite à Zanzibar.

L'histoire se déroule au début du XXe siècle, quelques décennies après la ruée vers l'Afrique. Yusuf voyage depuis Zanzibar à travers l’Afrique de l’Est, principalement dans l’actuelle Tanzanie, en compagnie d’Aziz, l’homme à qui son père l’avait vendu. Compte tenu du contexte, il y avait cet aspect colonial lié au fait que les régions qu’ils traversaient étaient sous contrôle allemand et qu’une guerre entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne semblait imminente en Europe (ce que j’ai compris comme étant les prémices de la Première Guerre mondiale).

Même si le cadre et la diversité étaient intéressants, j’ai aussi eu l’impression de lire plusieurs histoires différentes assemblées de force, avec seulement quelques personnages centraux en commun dans chacune d’entre elles. À partir d’un certain moment, il est devenu très difficile de suivre tous ces personnages différents, dont beaucoup ne réapparaissent jamais après avoir joué un rôle crucial à un moment donné du roman – ce qui est compréhensible dans un roman axé sur un voyage, mais difficile pour un lecteur comme moi.

Je n’ai pas pu m’empêcher non plus de remarquer à quel point les femmes semblaient invisibles dans le roman. Ce n’était pas parce que je m’attendais à des héroïnes fortes ou à des personnages féministes ; même des mères traditionnelles, des épouses dévouées, des filles ou des femmes âgées auraient pu enrichir l’image des communautés que Yusuf rencontre. Étant donné l’importance accordée par le roman aux différentes cultures, aux familles et aux relations sociales, j’ai trouvé l’absence relative de femmes quelque peu surprenante. J’avais l’impression qu’il manquait une partie importante du monde social.

En résumé, j’ai trouvé que le cadre était bien choisi et m’a permis d’explorer et de comprendre une culture, d’autant plus que je n’avais jamais lu la littérature provenant de cette région auparavant. L’impact du colonialisme sur ces sociétés était également mis en évidence de manière subtile, ce que j’ai apprécié. Cela dit, à un moment donné, l’auteur a perdu de vue l’intrigue, et je n’ai pas eu l’impression de lire une histoire aboutie. J’ai tout de même passé un bon moment de lecture, mais il est peu probable que ce livre reste longtemps dans ma bibliothèque comme un ouvrage mémorable. Sur ce, j’attribue à ce roman une note de six sur dix.

La note – 6/10

Bonne journée
Anirudh

samedi 21 juin 2025

4000 semaines d’Oliver Burkeman – avis de lecture

 


Résumé :

« Que souhaitez-vous vraiment faire de vos journées et de votre vie ?

Il faut se rendre à l'évidence : la durée de vie moyenne de l'être humain est scandaleusement courte. Ceux d'entre nous qui atteindront l'âge de 80 ans n'auront vécu qu'un peu plus de 4 000 semaines.

Comment vivre sereinement dans un laps de temps aussi court ? Boîtes de réception qui débordent, piles de vêtements à ranger, vacances à organiser... Pris dans la frénésie de notre quotidien, paralysés par nos to-do lists, nous finissons par perdre de vue ce qui compte pour nous.

Ancien geek de la productivité repenti, Oliver Burkeman nous propose ici un antimanuel de gestion du temps, à la fois pratique et profond. Une invitation salvatrice à accepter nos limites, pour adopter un mode de vie plus paisible et plus joyeux. »

A noter : J’ai lu la version originale en anglais

Four Thousand Weeks - comme son titre l'indique - est un livre sur la gestion du temps pour les mortels, écrit par l'ancien journaliste Oliver Burkeman. La vie est limitée, mais nos ambitions ne le sont pas. Il n'est pas rare que nous nous sentions coupables de ne pas avoir épuisé nos « listes de choses à faire » ou de ne pas avoir poursuivi notre ambition tout en accomplissant notre travail quotidien - tout cela dans le cadre de la vie limitée qui est la nôtre. Alors que la hustle culture est en plein essor, l'auteur tente de faire comprendre que la vie serait bien meilleure si nous acceptions qu'elle soit limitée et que nous ne pourrons pas réaliser tout ce que nous avons l'intention de faire.

Le titre du livre - quatre mille semaines - fait référence à la durée de vie moyenne d'un.e être humain.e, 4000 semaines équivalant à environ 77 ans. Le livre est divisé en quatorze chapitres, dans lesquels l'auteur explique comment le monde moderne est obsédé par la productivité, souvent liée au capitalisme. Un exemple que je donnerais est le mythe de l'efficacité au travail dont parle l'auteur : si un.e employé.e accomplit ses tâches dans le temps imparti, il.elle n'obtient pas plus de temps, on lui.elle confie plus de tâches. L'auteur donne plusieurs exemples contemporains, sur les attentes déraisonnables que nous avons envers nous-mêmes et sur l'acceptation du fait que « se poser » n'est pas une mauvaise chose, mais quelque chose de positif.

J'ai aimé l'idée du livre, ainsi que le message que l'auteur essayait de faire passer. Je suis passé par le cycle de « l'obsession de la productivité » et par le fait de considérer la vie comme une quête permanente de « développement de la personnalité », me sentant à chaque fois coupable de simplement me détendre. J'ai trouvé que l'auteur donnait également plusieurs exemples contemporains, en rapport avec le lectorat actuel, tels qu'Amazon - et leur obsession d'avoir leur page d'accueil chargée aussi vite que possible (ce qui est une question de secondes). C'est un livre qui est sorti en 2021 et que j'ai lu en 2025, et donc une chose qui manque dans le livre, ce sont les modèles d'IA interactifs que nous avons aujourd'hui.

L'annexe, avec les dix suggestions sur la gestion du temps, était intéressante et j'ai eu l'impression qu'elles étaient pratiques. Cependant, elle ne correspondait pas au ton du livre, étant donné que l'auteur nous disait d'ignorer la plupart des conseils relatifs à la « gestion du temps » donnés par des livres et des influenceurs et, en fin de compte, donnait lui-même une série de conseils, comme tous les autres auteurs sur ce sujet.

En conclusion, je dirais que ce livre est une bonne lecture et qu'il est utile si l'on veut sortir de l'obsession de la productivité. Le livre a ses défauts, mais à la fin, le lecteur a quelque chose à en retirer. Sur cette note, j'attribuerais à ce livre une note de sept sur dix.

La note – 7/10

Bonne journée
Andy

samedi 14 juin 2025

Propre d’Alia Trabucco Zerán – avis de lecture

 


Résumé :

« Le monologue d`une domestique qui retrace, dans un récit lucide, impitoyable et brutal, les étapes menant au drame qui fera s`effondrer le décor d'une vie "propre".

« Je m'appelle Estela, vous m'entendez ? Es-te-la Gar-cí-a. »

La fillette meurt. Voici le fait par lequel Estela commence son récit. Estela, qui a quitté sa famille dans le sud du Chili pour la capitale où elle travaille comme employée de maison. Estela, qui s`est occupée pendant sept ans de la jeune victime, l'a bercée, nourrie, rassurée, grondée aussi. Qui connaît chaque étape ayant mené au drame : la chienne, les rats, les aveux, le poison, le pistolet. Chaque étape jusqu'à l`inéluctable.

Un roman psychologique haletant, angoissant et addictif, à travers lequel notre époque se dessine – une société fracturée par les rapports de domination et d'argent, où les uns vivent dans l`ombre des autres. »

Propre est un roman écrit par l’autrice chilienne Alia Trabucco Zerán, dont j’ai lu la traduction française réalisée par Anne Plantagenet. Le personnage principal, également narratrice, est une domestique, Estela Garcia, originaire d’une campagne chilienne. Elle quitte sa région pour travailler à la capitale chez une famille riche, composée d’une avocate, d’un chirurgien et de leur fille Julia.

’ai apprécié le fait que le roman commence immédiatement, mais c’est aussi sa faiblesse. C’est-à-dire, dès le début, on apprend que la fille de la famille est morte, et la fin nous révèle comment et pourquoi. Le roman illustre bien les différences de classe sociale au Chili et le fossé entre les perspectives des personnages.

Cela dit, je n’ai pas d’autres points positifs à relever. Bien que le roman ne fasse que 270 pages, j’ai eu l’impression de lire l’un des ouvrages les plus longs de ma vie. e vais être honnête : je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour juger ce livre, car à mi-parcours, l’autrice m’a perdu. Lorsque l’héroïne rend visite à sa mère malade dans le sud, j’ai eu du mal à comprendre l’enchaînement des événements. J’ai trouvé qu’il me manquait des éléments de contexte—notamment les raisons qui l’ont poussée à quitter la campagne pour Santiago et pourquoi sa vie est supposée être meilleure dans la capitale.

La narration à la première personne m’a souvent paru gênante, surtout lorsqu’Estela s’adresse directement au lecteur et brise le quatrième mur à plusieurs reprises. Une ou deux fois, cela passe, mais après un certain nombre, j’en suis venu à me demander si le roman se voulait sérieux.

J’aime bien lire la littérature étrangère et j’ai eu beaucoup d’attente pour découvrir le pays du Chili. Même si je n’ai pas compris une moitié du livre, c’est quand même une faute du roman, et j’ai trouvé qu’elle avait traîné une intrigue qui n'avait pas de contenu au-delà d'un point. J’aimerais bien d’essayer un autre roman d’un.e aut.eur.ice chilien.ne mais je n’ai pas eu une bonne expérience en lisant celui-ci. Je donnerai une note de trois sur dix.

La note – 3/10

Bonne journée
Andy