samedi 7 novembre 2026

La Marque de Fríða Ísberg – avis de lecture

 


Résumé :

« Reykjavík, Islande. Dans une société divisée, en perte de sens et de confiance, un test d’empathie, gage de fiabilité morale, est mis en place. Les personnes non marquées – n’ayant pas réussi le test ou refusant de s’y plier – sont petit à petit mises au ban de la société, se voyant refuser l’accès à un emprunt, à certains postes, voire à certains quartiers.

Il ne reste désormais plus que quelques jours avant que le test ne devienne peut-être obligatoire pour tous. Quelques jours déterminants pour Vetur, Eyja, Tristan et Óli, pris dans l’engrenage d’une société divisée, aux règles du jeu explosives. Insécurité, démons du passé, ambitions politiques, addiction, chacun doit lutter, à sa façon, dans une course effrénée contre la montre. »

A noter : J’ai lu la traduction anglaise du roman. Click here to read my book review in English

La Marque est un roman dystopique écrit par l'auteure islandaise Fríða Ísberg, publié en 2021. L'auteure y explore une société où les individus sont « marqués » en fonction des résultats d'un test d'empathie. Ceux et celles qui choisissent de ne pas être marqué.es en subissent les conséquences, telles que la discrimination et le refus d'accès aux services publics. Cette société est explorée à travers le regard de quatre personnages issus de milieux sociaux différents.

Le livre proposait une idée intéressante et donnait l’impression d’être une version islandaise de « Le Big Brother vous surveille ». Le fait qu’il ait été écrit au cours de cette décennie m’a permis de mieux m’y identifier, car les références utilisées, telles que la Covid-19 ou la création de contenus manipulateurs par l’IA, correspondent à des expériences que nous avons tous vécues ou que nous vivons encore. Ces quatre personnages faisaient également de nombreuses remarques sur la société d’aujourd’hui.

Cela dit, il s’agissait d’un roman court et la traduction anglaise que j’ai lue comptait environ 230 pages ; ce qui signifiait qu’il n’y avait pas assez de place pour que quatre personnages principaux figurent dans le roman. Et cela ne s’est même pas limité à ces quatre personnages : plusieurs autres personnes étaient impliquées dans leurs vies, ce qui fait qu’à un moment donné, j’ai eu l’impression d’être submergé par un déluge de noms, au point de me demander qui étaient certaines de ces personnes. Si je n’ai mentionné aucun nom de personnage jusqu’à présent dans mon avis de lecture, c’est parce qu’aucun d’entre eux ne m’a marqué au point que je m’y attache individuellement.

Un autre problème réside dans le fait que, bien qu’il s’agisse d’une idée intéressante, c’est aussi l’une des plus exploitées. Mis à part le cadre islandais et la décennie actuelle, je n’ai rien trouvé de nouveau par rapport aux univers orwelliens du siècle dernier que j’ai lus. Il est brièvement fait mention du fait qu’un des personnages connaît quelqu’un qui s’est installé en Espagne et qui n’a pas eu à subir les conséquences d’avoir été marqué ; l’auteur a ainsi établi que, dans cet univers, le système de marquage n’était pas universel. Explorer la situation dans d’autres pays et soulever le débat plus large sur la sécurité face à la liberté individuelle aurait pu apporter une réelle valeur ajoutée à ce roman.

Dans l'ensemble, c'est un livre que je ne regrette pas d'avoir lu, mais dont je ne me souviendrai sans doute pas dans quelques mois. Il y a certaines phrases que j'ai bien sûr surlignées dans mon livre et que je relirai certainement de temps en temps, mais je ne pense pas que j'aurai envie de relire le roman dans son intégralité. C'est une lecture simple qui pourrait plaire à ceux et celles qui aiment ce thème. Sur ce, j'attribuerais à ce roman une note de six sur dix.

La note – 6/10

Bonne journée
Anirudh

Sur les ossements des morts d’Olga Tokarczuk – avis de lecture



Résumé :

« Janina Doucheyko vit seule dans un petit hameau au cœur des Sudètes. Ingénieure à la retraite, elle se passionne pour la nature, l’astrologie et l’œuvre du poète et peintre William Blake. Un matin, elle retrouve un voisin mort dans sa cuisine, étouffé par un petit os. C’est le début d’une série de crimes mystérieux sur les lieux desquels on retrouvée des traces animales. La police mène l’enquête. Les victimes avaient toutes pour point commun une passion dévorante pour la chasse… »

Click here to read my review in English

Sur les ossements des morts est un roman écrit par l’autrice polonaise Olga Tokarczuk, lauréate du prix Nobel de littérature. L’histoire se déroule autour du personnage principal, Janina, une femme âgée qui vit seule à la campagne en Pologne, pas loin de la frontière avec la Tchéquie. Elle retrouve son voisin mort et elle aide la police dans son enquête. Bientôt, il y a plusieurs autres victimes similaires, et le seul point commun était que les victimes étaient passionnées par la chasse.

J’ai aimé le fait que l’histoire se déroule dans la Pologne contemporaine. Le roman a été publié en 2010 et j’imagine que l’histoire se déroule après 2004, vu qu’il y a plusieurs références qui indiquent que la Pologne faisait déjà partie de l’Union européenne, sur les lois concernant les forêts par exemple. Le personnage principal, Janina, est également intéressante, avec autant de contradictions, comme le fait qu’elle n’est pas religieuse mais est quand même obsédée par l’astrologie, et aussi par les poèmes de William Blake.

Cependant, je n’ai pas compris le choix de la traductrice de laisser les paragraphes de William Blake, cités par l’autrice tels quels en anglais. Il se trouve que je parle anglais et alors, je n’ai pas de problème de compréhension, mais pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’anglais, je crois que ce sera difficile. Je ne suis pas sûr que, dans la version originale en polonais, l’autrice ait cité les phrases de William Blake en anglais – si quelqu’un d’entre vous a lu le roman en polonais, vous pouvez me le dire dans les commentaires.

J ’ai apprécié le fait que Janina soit très ambiguë, mais c’est également la faiblesse du roman. Si ce roman est une enquête sur les meurtres, les informations données aux lecteurs et lectrices devraient être fiables. Mais Janina, en tant que narratrice, avoue elle-même qu’elle a mal raconté certains événements ou menti à certains moments précédents. Je classe ce roman comme un « roman policier ennuyeux » car ça ne m’a pas vraiment donné envie de chercher qui a commis les meurtres. Peut-être que la révélation à la fin sera une surprise pour certains et certaines d’entre vous, mais pour moi, c’était évident dès le début du roman. 

C’était aussi difficile de suivre les autres personnages car la narratrice a un surnom pour chacun et chacune. C’est possible de les suivre si c’est cohérent partout, mais souvent, leurs vrais prénoms sont aussi utilisés. 

Pour résumer, c’était un mystère très ennuyeux avec une narratrice intéressante qui ne convient pas à un roman polar. Je n’ai pas pris plaisir à lire le roman et je donne une note de quatre sur dix.

La note – 4/10

Bonne journée
Anirudh