Résumé :
« Dans un village modeste
du Tamil Nadu, État du sud de l’Inde, Ponna et Kali, jeune couple de paysans,
filent le parfait amour. Pourtant leur bonheur est mal vu car ils n’ont
toujours pas conçu d’enfant. Ponna et Kali se sentent suffisamment comblés par
leur union mais, face aux moqueries et humiliations croissantes, ils vont
chercher une solution dans leur folklore, entre superstitions et offrandes.
C’est alors qu’ils ont vent d’un festival dans un temple juché sur les
montagnes, et d’une curieuse cérémonie qui pourrait peut-être les sauver… »
A noter : J’ai lu l’original
en tamoul ainsi que la traduction française de Léticia Ibañez
Femme pour moitié est l’un des
romans les plus connus de l’auteur tamoul Perumal Murugan. Avec une histoire
d’amour qui se déroule au début du XXe siècle, avant l’indépendance de l’Inde,
l’auteur met en lumière un problème social qui existe encore aujourd’hui : la
situation difficile des couples sans enfants.
Kali est un fermier qui vit avec
sa femme, Ponna. Même s’il y a beaucoup d’amour entre eux, un problème demeure
: douze ans après leur mariage, ils n’ont toujours pas d’enfant. Ils subissent
une forte pression sociale, et on pousse même Kali à prendre une deuxième
épouse. Le couple essaie tous les rituels prescrits par leur religion, sans
résultat. Finalement, une solution extrême leur est proposée : Ponna pourrait
participer à une fête religieuse dans l’espoir d’avoir un enfant. Mais les
détails de cette fête bouleversent Kali et commencent à faire apparaître les
fissures dans leur relation.
J’ai beaucoup aimé les
descriptions des paysages du pays des Tamouls rural, et notamment ceux du Tamil
Nadu rural. J’ai également apprécié la construction du personnage de Kali, qui
est assez complexe et qui aime sa femme. Cependant, il considère sa position et
son prestige dans la société comme plus importants que tout, et de ce point de
vue, il est aussi très égoïste. Il y avait également d’autres personnages
intéressants, comme Nalaiyyan, l’oncle célibataire de Kali, qui est la seule
source de soutien du couple.
À un moment donné, j’ai eu
l’impression que le couple était obsédé par le fait d’avoir un enfant et,
pendant une grande partie du livre, c’est un cycle qui se répète : le couple
essaie d’avoir un enfant sans succès, les deux subissent des insultes de la part
de quelqu’un, puis il y a une nouvelle tentative. Après deux ou trois
répétitions, je savais déjà que leur tentative n’allait pas fonctionner et je
n’avais plus vraiment de raison d’attendre quoi que ce soit en tant que
lecteur.
C’est le troisième roman de
Perumal Murugan que je lis, et c’est mon moins préféré des trois. Dans son
roman Le Bûcher (cliquez ici pour lire mon avis), par exemple, le conflit
principal commence dès le début, alors qu’ici, il faut attendre jusqu’aux deux
derniers chapitres.
Il faut aussi prendre en compte
que l’auteur a reçu des menaces de mort à cause de ce roman, de la part de
l’extrême droite indienne. Dans l’édition française, l’avant-propos écrit par
Laetitia Zecchini explique très bien la situation.
Comme j’ai lu le roman dans les
deux langues, je peux dire que la traduction est très bien faite et que la
traductrice a su restituer toutes les nuances possibles.
Pour conclure, j’ai un avis
mitigé sur le roman. L’auteur aborde un sujet important qui existe encore
aujourd’hui dans la communauté tamoule, et j’apprécie son courage face à
l’extrême droite. Cela dit, le roman est trop répétitif à mon goût, et le personnage
principal, Kali, n’est pas très attachant non plus. Je lui attribue donc une
note de sept sur dix.
La note – 7/10
Bonne journée
Anirudh

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